Aire sur l’Adour. 17 juin (tarde). De tristes toros et une ambiance de plomb.

Arènes confortablement garnies, soleil et nuages se dégageant en fin de course, deux heures trente de spectacle.

Six toros de El Tajo y La Reina du maestro Joselito (cinq la Reina et un Tajo). Bien présentés mais jamais très lourds, tous deux piques prises avec bravoure pour quelques-uns. Rarement intéressants à la muleta. 

  • Manuel Escribano (vert et or), au premier, une entière, deux descabellos, silence ; au quatrième, une entière, silence.
  • Thomas Dufau (bleu marine foncé et or), au deuxième, deux quarts de lame, silence ; au cinquième, un quart de lame, un descabello, silence.
  • Juan del Alamo (blanc et argent), au troisième, trois-quarts de lame, deux avis, salut ; au dernier deux entières basses, avis, silence.

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Apostille. Marco Leal, de la cuadrilla de Thomas Dufau, a salué lors de la pose des banderilles au premier toro.

Si l’hommage autour de la mémoire de Fandiño, mortellement blessé un an jour pour jour dans cette arène, a fait peser une atmosphère grave sur la journée, la corrida a apporté son lot de déception avec un lot de Tajo et la Reina pourtant bien présenté, sans excès de poids, mais souvent en manque de mobilité et d’agressivité. Rien de très intéressant pour les toreros qui voulaient pourtant jouer le jeu. Les trois, ont brindé leur premier toro au ciel, à la mémoire du Maestro d’Orduña. Mais les trois toreros ont été obligés de plonger dans leurs recours lointains pour arracher quelques passes et donner un peu de mouvement à la course. Mais pas une seule oreille, un seul salut.

Manuel Escribano, ne sachant pas dominer son premier adversaire qui va le faire douter jusque dans le tercio de banderilles, se montrera toujours hésitant et sur la défensive. Il signera cependant une longue série à droite avec réussite mais sera bien pâle sur l’autre main. Dans le second il  ne trouvera rien qui lui permette de briller, malgré toute sa bonne volonté et aussi handicapé par un peu de faiblesse de l’animal. Il devra lui arracher les naturelles une à une. Un toro de peu d’intérêt.

Thomas Dufau nous a fait rêver au cours de la première partie de sa première faena. Des séries de passes très lentes, très templées, avec une muleta très basse et ensorceleuse. Mais il baissa vite de rythme. Plus exactement on eut l’impression qu’il n’alla pas au maximum de ses possibilités.  Son échec à la mort fit oublier l’excellent début. Son second adversaire était aussi mobile qu’un bloc de marbre. Il aurait convenu à Praxitèle mais sûrement pas à Thomas. Même s’il avait brindé à Joselito, l’éleveur, il n’y avait pas grand choses à tirer malgré quelques belles passes et une série séduisante… Ce pouvoir artistique que le garçon ne parvient pas à extirper tous les jours.

Juan del Alamo, dans trois somptueuses véroniques, lança ses deux comnbats. Il eut d’abord un agressif offensif qu’il fut loin de maîtriser parfaitement. Toutefois il se sauva à gauche, sur la fin. Un dernier toro qui ne répètera pas, quelques naturelles sans profondeur, la course s’est terminée dans les regrets et l’amertume.

Si les toros n’ont pas aidé à la réussite, l’ambiance qui planait sur l’arène , surtout lorsqu’après la mort du troisième toro, à l’issue de la minute d’applaudissements, sonna le paseo « Fandiño » interprété par les « Armagnacs » Peut-être trop de souvenirs difficiles se percutaient dans la tête des deux témoins, Dufau et Del Alamo ?

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Reportage photos : Romain Tastet.