Istres. 16 juin (tarde). Juan Leal triomphe, mais …

Une corrida très attendue avec des toros de Valverde qui n’ont pas déçu et qui furent l’élément majeur d’une tarde en demi-teinte; Morenito de Aranda et Pepe Moral me laissant un peu sur ma faim, Juan Leal triomphant (à mon avis) sans vraiment toréer.

Jean-Luc Couturier avait envoyé des toros au trapio assez fin, très armés avec des pointes à faire trembler. Six toros qui ont défendu leur devise avec un certain panache, le bicho d’ouverture un peu en-dessous du lot.

Morenito de Aranda, après une réception correcte fit piquer par deux fois son premier adversaire, la seconde rencontre prise en poussant après s’être élancé presque du centre de la piste. Quite par chicuelinas et revolera de Pepe Moral. Hélas le Valverde finit un peu soso dans la muleta du garçon qui lui proposa une faenita de correcte facture. Oreille généreuse après une entière en place.

Guère mieux au capote face au quatrième qui livra un combat spectaculaire face au cheval quil leva et garda un moment sur ses cornes lors de la première rencontre, revenant ensuite vers la pièce montée pour deux rations de fer dégressives. Musique lors de la sortie du picador.

La faena de Morenito, majoritairement droitière, fut à nouveau de bonne facture avant que le Valverde ne se décompose et commence à se défendre. Quasi-entière delantera et caida pour le final. Silence pour le piéton et vuelta pour le brave « Cubetisto ».

Pepe Moral reçut le second par quelques bonnes véroniques, puis le fit piquer à trois reprises en l’éloignant progressivement du lancier. A chaque fois « Cristallero » répondit à l’appel du lancier en accourant au galop. Hélas l’animal paya sûrement au dernier tiers sa fougue du premier car il s’éteint à mi-faena, d’où, après un bon début, une impression d’inachevé. Entière pour clore le débat puis une douzaine de descabellos qui indisposa le public. Silence.

Après quelques véroniques, le sévillan fit piquer par deux fois le quinto, la première ration s’avérant latérale, la seconde pompée. La faena ambidextre qui suivit fut d’inégale intensité, le Valverde se défendant avec violence, empêchant Pepe Moral de construire un travail abouti. Final un peu long par entière caida et tendida au second assaut, suivie de deux descabellos, le sévillan reprenant ensuite l’épée pour une conclusion par bajonazo. Sifflets.

Juan Leal débuta sa tarde par une larga de rodillas périlleuse dans la mesure où l’arlésien ne sut de quel côté l’animal à la charge incertaine allait passer. Le Valverde cogna dans le capote lors des passes qui suivirent avant de prendre deux rations de fer sans s’employer. Brindée à Bernard Marsella, le première faena du garçon fut initiée par des passes cambiadas. Après quelques tandas ambidextres, le garçon réduisit la distance et joua sa partition en mode tremendista, arrachant des muletazos sans vraiment toréer. Cette façon de se positionner eut un impact certain sur le public qui s’attacha plus au côté racoleur qu’au contenu de l’ouvrage proposé. Deux oreilles de pueblo après une entière trasera latérale.

Le sixième fut bien mené vers le centre avant deux rations de fer prises en poussant un peu sur la corne gauche. Salut des banderilleros, Marco Leal et Manolo de los Reyes, pour un second tiers bien mené. La seconde faena du garçon fut à l’identique de la première, tremendista mais sans fond, ou comment triompher avec courage mais sans toréer. Des muletazos dans tous les sens face à un toro sur la défensive et un public qui se laisse berner par de l’anti-toreo. Quasi-entière caida et tendida et oreille de pueblo.

Juan Leal fut déclaré triomphateur de la tarde. On a lu ce que j’en pense…

Prix au meilleur picador à Juan Antonio Carbonell qui piqua le second de la course.

Salut mérité du mayoral Jean-Pierre Odet à la fin de la course.

Reseña et photos : Paco. Vidéo : Romain Bofi.