Istres. 16 juin (matin). Triomphe d’Adrien Salenc et de Cristian Perez.

La ganaderia de Virgen Maria avait amené à Istres six (ou plutôt sept) jolis novillos, bien faits, au trapio adapté pour ce genre de spectacle et plutôt maniables dans l’ensemble, bravitos et nobles de caractère. Bref de quoi régaler trois jeunes en quête de succès.

Adrien Salenc, privé l’an dernier d’une fin de saison à cause d’une blessure subie début septembre à Calasparra, est parti cette année à la reconquête de son public. Il accueillit ainsi le premier par quelques correctes véroniques, dont certaines pieds joints, rématant sa réception par demie avant de mener son opposant vers le picador pour une unique ration de fer administrée en carioca. Débutée par passes hautes, la première faena ambidextre du nîmois fut de bonne facture, le Virgen Maria répétant ses charges avec une belle noblesse. Un trasteo assez classique, agrémentée d’un molinete par ci, d’un farol par là, et finalisé par bernadinas. L’entière latérale ne l’empêcha pas de couper deux oreilles. Une aurait suffi.

C’est par une larga de rodillas au fil des planches qu’il débuta face au quatrième, poursuivant par une paire de véroniques avant une ration de fer sans histoires. Face à ce second adversaire noble mais un peu faible, Adrien initia sa faena par de bonnes séries droitières, le bicho s’arrêtant un peu lors du changement de main et l’obligeant à arracher les naturelles qui suivirent. Peu de transmission pour le final lorsque Adrien revint sur la droite pour deux ou trois séries qui ne s’imposaient pas vraiment. Entière contraire pour en finir. Oreille.

Cristian Perez était venu à Istres avec les dents longues. Privé de contrat en Espagne, son désir de toréer était grand et il en fit étalage, même si des maladresses ponctuèrent son travail. Bref un bon esprit de novillero de moins en moins courant, ce qui mérite d’être signalé. Son premier adversaire fut un peu long à fixer pour quelques véroniques, chicuelinas et revolera. Deux puyazos pour ce second utrero, l’un en carioca, l’autre plus light, puis une faena débutée par trois passes cambiadas au centre et poursuivie sur les deux mains avec les maladresses précédemment évoquées (un désarmé car le bicho marcha sur la muleta, ou des naturelles enganchées), l’ensemble compensé par beaucoup de bonne volonté. Final par bernadinas avant une entière tendida portée avec beaucoup d’engagement, le jeune torero se faisant soulever lors de l’entrée a matar. Oreille méritée.

Face au quinto, c’est par quatre largas de rodillas que le garçon débuta son second trasteo avant mise en suerte face à la cavalerie par chicuelinas al paso et revolera. Après une unique pique, Cristian signa un quite (un peu brouillon) par saltilleras. Brindée à Bernard Marsella et à son apoderado Denis Loré, la seconde faena de l’albaceteño fut initiée de rodillas, le jeune torero alternant ensuite les deux bords dans des séries de correcte facture, une faena cependant un peu trop longue car le bicho se décomposa au final. Le Virgen Maria, après avoir averti Cristian Perez, finit par le cueillir, le garçon restant sonné quelques instants lors de son transport vers l’infirmerie. Très vite sur pieds, il revint très vite en piste pour deux bernadinas hyper serrées avant une entière caida libérant deux oreilles. Comme pour Adrien, une aurait suffi. Vuelta émouvante du garçon saluant son public tout en pleurant.

Vincent Perez débutait dans la catégorie. Je dois avouer qu’il m’a un peu déçu par son manque d’engagement qui contrastait avec celui de ses compagnons du jour. Il reçut ainsi le troisième par quelques véroniques, demie et revolera avant de le mener vers le lancier pour une courte ration de fer. Face à ce très noble novillo, la faena fut marginale sur les deux bords, le garçon s’exposant peu et toréant souvent avec le pico. Bref un travail un peu répétitif et qui manqua de transmission. Quasi-entière delantera et caida complétée par cinq descabellos. Salut.

Le sixième se cassa une corne lors de l’amorce d’une vuelta de campana et fut remplacé par un sobrero du même fer. Après quelques véroniques et une pique en carioca, le sobrero fit lui aussi une vuelta de campana cette fois sans dommages. Le bicho poursuivit, chargeant avec transmission, notamment sur sa bonne corne droite. Hélas le trasteo de Vincent fut à l’identique du premier, marginal. Dommage car l’adversaire était de qualité, bien que ne méritant pas la vuelta finale généreusement accordée. Deux tiers de lame en avant et sur le côté. Oreille locale et vuelta en compagnie de Jean-Marie Raymond, le ganadero.

Sortie a hombros pour Adrien Salenc et Cristian Perez. Le prix au meilleur novillero revint à Cristian Perez. Adrien aurait pu aussi y prétendre. Le prix partagé entre les deux m’aurait semblé une solution équitable.

Reseña et photos : Paco. VIdéo : Romain Bofi.