Istres. 15 juin. Ponce et Ureña a hombros.

La « Corrida du Geste » avait attiré un public conséquent dans les arènes du Palio qui s’étaient remplies à plus des trois-quarts.

Enrique Ponce fait toujours recette, d’autant qu’il avait accepté d’affronter les toros de la ganaderia d’Adolfo Martin classée dans la catégorie des élevages toristas. En fait, les bichos du jour, anovillados pour la plupart (poids affichés très optimistes), sont sortis relativement civilisés, quelques mauvais gestes leur échappant par moments.

Enrique Ponce reçut joliment le toro d’ouverture par véroniques, demie et revolera avant de la faire trop piquer en deux rencontres, la première pompée en carioca, la seconde plus courte. Et les forces de l’animal s’en ressentirent au dernier tiers où la fadeur fut au rendez-vous. Après avoir doublé genou fléchi, le torero de Chiva composa une faenita ambidextre propre mais de peu de transmission. Trois-quart trasera horizontale pour en finir. Silence.

Le quatrième, accueilli par quelques véroniques dont deux limpides, fut lui aussi trop et mal piqué, mais il tint davantage la distance, permettant cette fois au torero d’exprimer la tauromachie qui est la sienne. Ainsi après avoir doublé genou fléchi, Ponce prit progressivement le dessus sur son adversaire dont il parvint à ralentir les charges pour composer de belles séquences templées sur les deux bords, finissant en baissant la main et concluant par trois poncinas pas gagnées d’avance. Entière caida et descabello pour parapher l’ouvrage et deux oreilles, une de trop vu l’emplacement trop latéral de l’épée.

Curro Diaz débuta sa tarde par la lidia d’un Adolfo protesté à son entrée à cause de ses armures bien modestes, voire douteuses. RAS au capote à cause de cornes accrocheuses puis deux vraies piques, violente la première, poussée la suivante. Doublant avec élégance, le torero de Linares vit son adversaire lui manger un peu le terrain lors des premières tandas droitières. Le passage à gauche rectifia un peu la charge, ce qui fit que le retour à droite fut plus aisée. Faena agréable de Curro Diaz qui déclencha une petite pétition après une entière caidita portée au second assaut, pétition que le palco refusa de valider. Salut au tiers.

Le quinto ne lui permit pas grand chose. Après une paire de véroniques et deux courtes rations de fer, l’Adolfo garda la tête haute et se défendit, cherchant l’homme derrière le leurre. Rien à en tirer. Le garçon abrégea le débat d’une entière delanterita et caidita. Silence.

Abanto de salida, le troisième obligea Paco Ureña à patienter pour arriver à le fixer, ce qui fut fait ensuite par quelques véroniques et deux demies, la seconde à montrer dans les écoles. Une pique en carioca suffit à arrêter le galopeur, lequel mit bien la tête dans les étoffes par la suite, permettant au torero de Lorca de signer un quite par véroniques et demie, puis une bonne faena ambidextre de corte classique bien que manquant un poil de transmission. Trois-quart perpendiculaire un peu caida après pinchazo. Salut au tiers.

Ureña fixa bien le sixième dans le capote pour le conduire vers le centre où il le laissa au centre avant lui faire prendre une pique correcte.  La faena qui suivit fut elle aussi très classique, Ureña dessina des muletazos très purs sur les deux cornes, toréant au ralenti avec beaucoup de temple et en courant bien la main. On regrettera juste que le bicho ne transmette pas davantage, laissant tout faire au garçon. Belle trois-quart en place pour finir, le torero rentrant droit avec une grande détermination. Deux oreilles légitimes cette fois.

Sortie a hombros pour  Paco Ureña et pour Enrique Ponce attendu dimanche pour la Corrida Lyrique.

Une minute de silence fut observée à la fin du paseillo en mémoire d’Alain Granier et de Luc Jalabert.

Reseña et photos : Paco. Vidéo : Romain Bofi.