Vic Fezensac. 21 mai (tarde). Un Pedraza pour le souvenir.

Les toros de Pedraza de Yeltes clôturaient une Feria del Toro de Vic où, jusque là, on n’avait pu apprécier que des passages (deux novillos et un toro) dans un ensemble qui, sur le papier, promettait beaucoup et qui au final a déçu.

Déception aussi pour la conclusion où l’intérêt fut inégal, les estampes de Pedraza au physique imposant et un peu rustique (certains peut-être un peu trop lourds) ont laissé une impression mitigée.

Si le ramage avait été à la hauteur du plumage, Monsieur de la Fontaine aurait trouvé la course exceptionnelle. Ce ne fut hélas pas le cas, même si le lot de Pedraza, et notamment le sixième, fit un peu remonter le niveau bien bas des Raso de Portillo de la veille. La pelea du sixième me pousse peut-être un peu à l’indulgence !

Côté hommes, le Club Taurin Vicois avait mis les petits plats dans les grands en proposant la course à trois des toreros parmi les plus intéressants du marché dans la catégorie, Curro Diaz l’artiste belluaire, Daniel Luque figura en quête d’une nouvelle reconnaissance et Emilio de Justo très en vue après ses prestations des temporadas précédentes.

Curro Diaz reçut le premier de la tarde par correctes véroniques et demie avant de l’envoyer vers le picador de turno pour trois rations de fer sans éclat, le bicho se collant au peto sans bouger. Tout aussi soso dans la muleta qu’il l’avait été face au cheval,  ce « Joyito » ne permit au torero de Linares qu’une faenita ambidextre proprette mais sans transmission. Salut après une lame efficace.

Le quatrième laissa Curro Diaz inédit au capote avant de déséquilibrer le cheval lors d’une première rencontre poussée, réduisant la voilure à la seconde, se jetant vers le cavalier à la troisième pour finir regular à la quatrième. Curro Diaz signa ensuite une bonne entame droitière avant de faire une voltereta au final de la première série de naturelles sur une faute d’inattention. Le garçon revint au feu pour deux séries de derechazos conclues du desprecio maison. L’entière hémorragique portée al encuentro (je pense sur un geste réflexe et non prémédité) divisa les opinions. Salut au centre.

Daniel Luque, n’ayant pour le moment plus le statut de figura qui lui permettait de choisir des élevages plus commerciaux, est en phase de reconquête du public, et son chemin croise désormais plus souvent celui de ganaderias plus rugueuses. « Des roses et des orties » comme pourrait le chanter le voisin Cabrel. Le premier adversaire du torero de Gerena s’échappa vers le picador après les véroniques et demie de réception pour le pousser un peu, y revenant deux fois par la suite après mise en suerte pour y cogner plus que pour y mettre les reins. La faena qui suivit fut agréable à suivre, le garçon alternant les deux bords avec une certaine élégance, laissant çà et là quelques jolis détails avant de conclure d’une entière en place au second assaut. Descabello. Salut.

Le quinto fut changé pour boîterie par un sobrero du même fer. RAS au capote puis trois piques traseras, les deux premières prises avec une certaine violence, le picador fermant la sortie et pompant sur le manche. Brindée à Perez Mota, la seconde faena fut un peu contrariée par les forces justes et le manque de caste du bicho. Luque fit ce qu’il put, sin pena ni gloria, avant d’en finir d’une demi-lame dans le sous-sol. Silence.

Emilio de Justo signa quelques agréables véroniques, dont certaines pieds joints, face à un troisième Pedraza qui humiliait bien mais fragile sur ses aplombs, d’où quelques généflexions venant ponctuer son parcours. Il poussotta sous le premier fer, beaucoup moins sur le second puyazo trasero avant que le garçon ne lui propose une faena un peu (trop) longue où il toréa plutôt bien par moments, la longueur devenant pesante à force de vouloir trop en faire. Final par ayudados por alto avant quasi-entière caidita après pinchazo. Palmas.

Le dernier Pedraza nous fit quitter la plaza avec un meilleur goût en bouche. Ce « Campanero » au physique avantageux fut le plus brave du lot en trois rencontres (les deux premières surtout) où on le vit pousser franchement en mettant les reins. Bon second tiers à charge de Manuel Ángel Gómez Odero et Manuel Pérez Valcárcel appelés à saluer. Muleta en mains, Emilio se montra comme toujours volontaire face à un bicho qui ne lui facilita pas la tâche au point qu’il fut violemment cogido et se releva sonné mais désireux de terminer l’ouvrage. Après avoir repris un peu ses esprits, il repartit vaillamment au combat et en finit avec son adversaire d’une lame bien basse (bajonazo) au second assaut. Une partie du public lui fit accorder une oreille en paiement de son engagement. Fut un temps où à Vic un bajonazo était rédhibitoire pour l’attribution d’un trophée !

A l’issue de la course, Emilio de Justo fut transporté à l’hôpital d’Auch pour des examens (traumatisme crânien et coupure à la base de crâne).

Reseña et photos : Paco. Vidéo : feriaTV.