Nîmes. 21 mai (matin). Le regard de Freddy Porte sur la matinale équestre.

Mendoza père et fils aux côtés de Léa Vicens.

Avec des arènes pleines, la corrida de rejon (mixte) du lundi matin réalise une des meilleures entrées de cette Feria 2018. Au micro de Radio France, aux cotés d’Hervé Salafranque et de Christophe Chay, j’ai eu le plaisir de commenter cette matinale équestre qui s’est soldée par l’ouverture de la Porte des Consuls pour Guillermo et par la sortie par la Puerta des Cuadrillas pour Léa Vicens. Tous deux sortant à hombros….

D’aucuns pensent que le rabo accordé au benjamin était quelque peu généreux. Il fut concédé sous la pression de la forte pétition du conclave.

Au menu un lot de quatre toros et deux novillos du Niño de la Capea appartenant à son épouse Carmen Lorenzo : des exemplaires bien présentés et donnant du jeu. Les meilleurs furent le premier de Guillermo et le dernier de Léa.

Deux très belles faenas débutées respectivement en n’infligeant qu’un seul châtiment, que ce soit au novillo de l’un, ou au toro de l’autre : donner le maximum de chance aux bichos en présence et conserver ainsi tout leur allant et leur potentiel pour transmettre aux tendidos. Il en résulta deux faenas des plus abouties faites de précision et de toreria.

Léa Vicens, très sereine, brinda aux cieux son premier Capéa. Elle marqua l’assistance par le rythme qu’elle imposa au cinquième toro de la course. Seule une petite faute de terrain lors d’un contre changement de main au fil des tablas, provoqua une bousculade de sa monture Gacela. Nous sommes en mesure de rassurer les aficionados sur la santé de ce dernier, en véritable athlète, le beau bai ne présente aucune séquelle de ce petit incident.   

Pablo Hermoso de Mendoza, le chef de lidia, nous servit quant à lui deux prestations techniquement irréprochables, châtiant cependant ses deux opposants respectivement de deux castigos. Avec Berlin, il esquissa quelques hermosinas précédées par de jolies poses. Moins heureux à la mort avec le remplaçant de Pirata, Arabito, un gris de l’écurie de Manuel Manzanares, qui ne lui permit pas d’obtenir les trophées mérités en amont. On eut l’impression également que le roi de Navarre était, à cette heure, plus soucieux de la réussite de son fils, le futur petit Prince, que de sa propre gloire. Le passage de relais, amorcé il y a deux ans maintenant, s’effectue en douceur. C’est lors de la dernière temporada américaine qu’il a peaufiné la préparation de son dauphin. Notons au passage que les yeux de Chimène brillaient dans le regard des nîmois à l’égard du jeune apprenti rejoneador. Ce bienveillant regard se matérialisa par une grande indulgence du public au moment des échecs répétés du benjamin lorsqu’il voulu en finir avec son second novillo.

Deux oreilles et rabo pour Guillermo, deux fois une oreille pour Léa, salut et ovation pour Pablo.

Le célèbre ganadero partagea la vuelta triomphale du premier novillo combattu. Notons que le jeune Mendoza s’illustra notamment  avec Disparate, Icaro, Brindis et Pirata. Léa nous enthousiasma sur Bach, Gacela, Guitarra, Bético, Greco, Bazuka et Deseado. Avec ces derniers, elle agrémenta ses faenas de jolies figures d’école particulièrement bien exécutées.

Reseña : Freddy Porte. Photos : Jean-Pierre Souchon. Vidéo : Romain Bofi.