Nîmes. 21 mai (tarde). Un final bien laborieux ou l’oreille de Monsieur le Maire.

Dernière corrida du cycle pentecôtiste nîmois sous un temps lourd et devant une petite moitié d’arène. Paco Ureña, blessé au campo, est remplacé par l’Arlésien Thomas Joubert.

L’an passé les Jandilla avaient tenu leur rang, mais ce soir force est de constater que ce ne fut pas le cas. Pas vraiment laids, mais pas vraiment beaux, tous biscos, les 7 toros ont déçu par leur manque de chispa et de caste.

Thomas Joubert accueille son premier cornu au capote genou ployé mais trop souvent accroché. Deux piquettes propres sans histoire. Quite de Roman et bon tercio de banderilles. Brindis au public et entame par cinq statuaires au centre. Quelques derechazos en faisant partir le toro de loin et la musique démarre, mais l’arlésien est désarmé. Le jeune maestro réalise ensuite une série gauchère serrée avant de revenir à droite avec des redondos. Le tout manque de transmission. Thomas Joubert tente en vain un recibir avant une épée droite concluante. Une oreille.

Avant la sortie de son second adversaire, l’arlésien se place au centre, toril dans le dos, pour une réception par tafalleras. Suivent deux piques administrées au milieu du dos. Quite de Roman. A noter deux belles paires de banderilles de Marc Antoine Romero. Thomas débute à genoux et fait passer le cornu devant comme derrière lui. La musique est lancée sur sa série gauchère mais il est désarmé. L’animal a malheureusement tiré le rideau, il ne reste plus à Thomas Joubert que quelques redondos et un desplante. Il tarde à cadrer son toro qui finalement, fatigué, se couche. Il le relève, pinche avant de lui loger une entière. Salut.

Roman sert à son premier toro deux largas afaroladas de rodillas, avant de le conduire au centre. Deux petites piques sans conviction. Quite d’Álvaro Lorenzopar saltilleras, immédiatement répondu par Roman. Brindis au public et entame à genoux, muleta main droite. Le valencian force les passes sans grand engagement face à son faible adversaire. Une entière, sans engagement non plus, après avoir pinché. Avis avant le descabello et Rita et Risette, les mules de l’arrastre, pouvaient faire leur oeuvre. Salut poli.

Après des capotasos autoritaires, le deuxième bizco de Roman va prendre deux rations de fer, la première un peu poussée. Quite d’Álvaro Lorenzo par chicuelinas. Il débute par des derechazos plutôt de bon goût face à un toro qui a encore du jus et qui vient de loin. Musique. Sur le côté gauche, le travail s’avère plus laborieux. Il revient à droite mais il s’agit de la série de trop qui finalement revêt un aspect brouillon, et il en finit par une série de molinetes et de manoletinas tout aussi brouillonnes. Une entière droite achève la faena sur le sentiment que Roman est passé à côté de son toro. Vuelta bien suffisante.

Álvaro Lorenzo envoie son premier bicho pour deux courtes piques pour la forme mais après de multiples glissades, mouchoir vert. Il est donc renvoyé tout guilleret au toril pour être changé par un sobrero du même fer. A la première rencontre, il renverse le groupe équestre et blesse le cheval. La seconde est donnée avec le picador de réserve, le toro en ressort avec les cornes totalement explosées. Quite de Thomas Joubert par chicuelinas. Le tercio de banderilles est compliqué notamment sur la corne gauche. Brindis au public. Le natif de Tolède commence sa faena vraiment sur la défensive et recule, à force il aurait pu finir au bar des Trois Maures ! Il se fait désarmer. En résulte une faena sans âme, qu’il termine par des luquecinas peu élégantes. N’ayant pas pesé sur l’animal, ce dernier est long à cadrer et le premier avis tombe avant une entière caida hémorragique. Salut.

Le dernier de la feria est un Vegahermosa, le deuxième fer de Jandilla. Rien au capote, aucune lidia. Deux piquettes sur le passage. Le trotteur manso visite le ruedo, de droite à gauche et de gauche à droite sans que le jeune torero ne puisse l’intéresser. Il lui arrache toutefois quelques passes sans se croiser. Il en termine par un bajonazo sur l’avis. Une oreille est trop gentiment accordée par le Maire de Nîmes, par un geste peu discret à la Présidence…

Reseña : Christophe Dumond. Photos : Jean-Pierre Souchon. Vidéo : Romain Bofi.