Nîmes. 20 mai (tarde). Padilla fait le show pour ses adieux à Nîmes.

C’est finalement sous un temps sec que s’est déroulée cette corrida, la pluie ayant eu la délicatesse de s’arrêter deux minutes avant le paseo. Arènes remplies aux 4/5.

A l’issue du paseo, Juan José Padilla a reçu une ovation du public et la médaille de la Ville de Nîmes pour l’ensemble de sa carrière. Pour la circonstance, l’empresa avait prévu des Núñez del Cuvillo de présentation correcte sans plus, malgré une tendance certaine à l’embonpoint.

Juan José Padilla hérite en premier lieu d’un coureur difficile à fixer qui prendra deux piquettes rectifiées. Le maestro réveille le public en banderillant avec allant, notamment une paire al sesgo por dentro et une autre al violin. Brindis au public et entame à genoux au centre. Il profite de la noblesse de l’animal sur la corne droite. La musique est lancée. Sur la gauche, il se contentera de tirer des lignes. Il continue avec un répertoire très fleuri : redondos, manoletinas et desplante à genoux. Il en termine par une entière trasera hémorragique. Une oreille.

Dès la sortie de son second adversaire, le pirate lance le spectacle par larga afarolada de rodillas, véroniques, chicuelinas dont une à genoux. Le cornu échappe par deux fois aux peones et va prendre deux piques violentes. Quite du natif de Jerez de la Frontera par faroles. Il récidive aux banderilles, mettant le public définitivement dans sa poche. Brindis ensuite à Simon Casas. Il tire son toro vers le centre mais très vite l’animal s’éteint et se défend sur place. Padilla réduit les distances et sert au public une tauromachie tremendiste qui visiblement a remporté le succès. Il finit à genoux, le public debout. Une entière foudroyante libère deux oreilles de despedida. Vuelta du maestro émouvante, drapeau noir de pirate dans une main et ballon en forme de bateau de pirate dans l’autre.


José Mar
ía Manzanares hérite lui aussi d’un coureur qu’il n’arrive pas à canaliser au capote. Deux piques dosées. Il débute la faena de muleta par des derechazos pour amener vers le centre son cornu très collaborateur. Les premières séries droitières de belle facture lancent la musique. Sur la corne gauche, le toro marque le pas et sans forcer l’Alicantain en finit en lui logeant une demi-épée longue d’effet. Silence.

Le cinquième est changé ; ne tenant pas sur ses antérieurs, il est même puntillé en piste. Le sobrero du même fer est plus léger (495 kg). Il est amené rapidement vers le centre puis vers la cavalerie pour deux rencontres. Les derechazos servis avec lenteur lancent la musique. Manzanares tente ensuite le côté gauche pour revenir rapidement sur la droite. Le toro à bout de forces l’oblige à abréger par une estocade al recibir au deuxième envoi. Un avis et vuelta du piéton.

Le premier adversaire d’Andrés Roca Rey fait une entrée tonitruante mais après deux piquettes au milieu du dos, le cornu baisse d’un ton. Quite du péruvien par chicuelinas avant un brindis aux étagères nîmoises. Le garçon commence sa faena par des derechazos vers le centre. Musique mais très rapidement le toro tombe dans la sosería. Il prolonge inutilement par des redondos et lui loge une entière baja et hémorragique. Une oreille tout de même.

Le dernier de la soirée, plus par élan que par bravoure, fait chuter la cavalerie avant une seconde rencontre nettement plus dosée. Ce toro s’avère rapidement invalide, faisant régulièrement ses prières du soir. Andrés Roca Rey abrège par une entière concluante. Silence.

Padilla sort par la Porte des Consuls après avoir fait le show.

Reseña : Christophe Dumond. Photos : Jean-Pierre Souchon. Vidéo : Romain Bofi.