Vic Fezensac. 20 mai (matin). Un seul toro digne d’intérêt.


La traditionnelle corrida-concours de Vic Fezensac a connu cette année quelques problèmes quant à son organisation.

Le toro de Fraile, initialement prévu, est mort au campo et a dû être remplacé par un toro de San Martin. C’est ensuite le toro de Vinhas qui s’est rendu imprésentable lors du débarquement et qui a dû être remplacé au pied levé par un toro des Héritiers de Christophe Yonnet qui fut lidié hors-concours car n’appartenant pas à l’encaste Santa Coloma.

Au final, dans l’ordre de sortie furent donc combattus des exemplaires de La Quinta, Pilar Buendia Pallares, Yonnet, San Martin, Ana Romero et Los Maños.

Une corrida qui débuta sur les chapeaux de roues et qui évolua a menos après la lidia du premier toro.

Olivito, n° 21, de La Quinta, né en décembre 2012, cardeno.
Matador : Domingo Lopez Chaves.
Picador : par Oscar Bernal monté sur Destinado.

Accueilli par une larga de rodillas et une poignée de bonnes véroniques, ce toro de fort trapio galopa vers le cheval à quatre reprises en partant de plus en plus loin, recevant deux puyazos importants (2° et 4°) et deux d’intensité moindre (1° et 3°), s’employant à chaque reprise avec une belle fixité. Oscar Bernal fut très professionnel, jouant bien le jeu du concours et piquant très honnêtement. Il reçut pour cela une belle ovation pendant et à l’issue de ce premier tiers. Lopez Chaves et Pepe Moral intervinrent au quite, tous deux par chicuelinas et revolera.

Muleta en mains, on sentit le torero a gusto dès le début d’une faena ambidextre initiée sur la corne droite par longs derechazos temples, le garçon alternant par la suite les deux bords avec beaucoup de profondeur avant que le bicho, qui galopa tout du long dans l’étoffe, ne baisse un peu de ton. Hélas deux demi-lames et quatre descabellos mirent fin à tout espoir de trophée. Grosse ovation à l’arrastre et bronca au palco pour avoir refusé la vuelta posthume de l’animal. Salut pour Lopez Chaves.

Verdon, n° 74, de Pilar Buendia Pallares, né en janvier 2014, cardeno.
Matador : Pepe Moral.
Picador : Francisco Romero monté sur Quasimodo.

Ce second toro entra en trombe dans la piste, rématant violemment contre les planches et manquant de s’assommer contre un burladero. Bonne réception de Pepe Moral par véroniques et demie avant trois piques d’intensité dégressive, toutes bien loin du point d’impact idéal, le Buendia partant du centre. Hélas, après le second tiers, l’animal baissa de ton à mi-faena (peut-être le choc contre le burladero). Bien débutée par un brelan de séries ambidextres, le trasteo s’étiola, tout comme la transmission. Pinchazo, entière. Silence.

Pescalouna, n° 25, de Christophe Yonnet, né en avril 2014, negro.
Matador : Tomas Campos.
Picador : Manuel Burgos monté sur Quasimodo.

Après réception quelconque au capote, le toro entra au pas dans le peto, puis prit deux autres rations de fer normales dont il sortit un peu aplomado. Au dernier tiers, pas de jus face à un garçon qui dessina des passes sans grand intérêt dans l’indifférence générale. Belle lame mais demi-douzaine de descabellos. Silence. Que faire sans matière première ?

Plomero, n° 95, de San Martin, né en 2014, cardeno.
Matador : Domingo Lopez Chaves.
Picador : Francisco Javier Gonzalez monté sur Destinado.

Après véroniques et revolera de réception, le bicho prit trois piques sans s’employer, puis réduisit ses charges au dernier tiers, finissant presque arrêté, moteur au ralenti. Lopez Chaves débuta sa faena sur la corne gauche, sans grands résultats, avant de changer de main pour arracher quelques derechazos supplémentaires, revenant à gauche au final pour voler quelques naturelles peu abouties. Allez donc tirer de l’eau d’une pierre ! Trois-quart tendida au quatrième assaut. Silence.

Clarinero, n° 4, d’Ana Romero, né en janvier 2014, cardeno.
Matador : Pepe Moral.
Picador : Juan Antonio Carbonell monté sur Asq.

Bonne réception de Pepe Moral par véroniques chicuelinas et revolera avant trois piques prises sans s’employer, traserita la dernière. Ce bicho un peu faiblard qui chuta par deux fois en début de faena demandait à être lidié à mi-hauteur, ce qui fit le torero qui fut très doux avec lui, l’excès de douceur confinant hélas à la fadeur. Rien à reprocher à Pepe Moral qui fit ce qu’il put avec un métier certain face à un animal aux forces justes, signant une faena ambidextre dont la transmission ne fut pas l’élément majeur. Entière contraire tendida, deux descabellos après que le puntillero maladroit ait relevé le bicho. Silence.

Aviador, n° 32, de Los Maños, né en avril 2014, cardeno.
Matador : Tomas Campos.
Picador : Gabin Rehabi monté sur Asq.

Après quelques véroniques et demie, le bicho fut piqué à trois reprises par Gabin, applaudi à son entrée et sifflé à sa sortie pour avoir piqué par trois fois sans grand brio, enfermant le bicho à la première rencontre, puis pompant sur le fer à la seconde placée en arrière. Au dernier tiers, Aviador manifesta le même comportement que ses frères de la veille, compliquant la tâche du garçon peut-être un peu vert pour ce genre d’exercice. Quelques muletazos arrachés sur les deux bords, puis des difficultés avec la rapière en quatre assauts pour une lame basse au final qui dut être complétée par deux descabellos. Silence.

Reseña et photos : Paco. Vidéo : feriaTV