Nîmes. 19 mai (tarde). L’apogée de la corrida moderne.

Il y a des corridas comme celle-ci qui sont un véritable supplice ou même une punition pour un revistero qui aime les vraies corridas a los toros comme moi.

Devant une arène quasi-pleine, sous un ciel menaçant puis pluvieux et un public chaud chantant la Marseillaise en réponse aux anti-touts à l’extérieur et accueillant l’équipe de football de Nîmes Olympique dans la joie, s’est déroulée ce soir une corrida moderne :

– Toros modernes : grosses barriques grasses ou plutôt grosses baudruches « domecquisées », d’une noblesse niaise à souhait, mansos et commodes de tête !!
– Maestros modernes : El Juli, Sébastien Castella et Andy Younes au toreo moderne et fleuri sans fondamentaux!!
– Picadors modernes : on ne pique plus, on fait des rencontres !!
– Banderilles modernes pour économiser l’animal !!
– Estocades modernes : on ne s’engage plus, le julipié est de rigueur !!
– Public moderne : on applaudit n’importe quoi, on siffle n’importe quoi, on se lève, on se promène au milieu des faenas et on n’a plus de véritables critères taurins !!
– Présidence moderne : au diapason du public, sans critère !!

Vous comprendrez que je me contente de vous donner seulement les résultats :
– El Juli repart de Nîmes bredouille, mal servi par des toros pas assez modernes pour lui.
– Sébastien Castella cartonne avec quatre oreilles dans un délire des plus modernes.
– Andy Younes coupe deux fois une oreille moderne.

Remarque supplémentaire : la gestion lamentable des anti-touts que les forces de police ont laissé brailler illégalement sous les fenêtres des arènes bouclées, avec un hélicoptère inutile et impuissant qui nous a cassé les oreilles pendant toute la corrida.

Reseña : Christophe Dumond. Photos : Jean-Pierre Souchon. Vidéo : Romain Bofi.