Nîmes. 18 mai. Des Partido de Resina décevants et l’oreille de la pluie soldée.

Premier spectacle du cycle Pentecôtiste nîmois avec le retour des ex-Pablo Romero après un long temps d’absence des ruedos. Belle entrée pour un vendredi soir avec 2/3 d’arène. Une minute de silence pour les personnalités taurines disparues et retour de la Font de Nîmes chantée en fin de paseo.

De présentation correcte sans excès, les cornus ont déçu par leur comportement fuyard, manso et sans race réelle. Débutant sous quelques passages nuageux, la course se termine sous une forte pluie qui a vidé l’amphithéâtre, à moins que ce ne soit le piètre intérêt du dernier toro.

Rafaelillo ne put montrer grand chose au capote face au premier de la soirée. Joli mais très hésitant, le manso va prendre quatre piques sans mise en suerte et finalement sans véritable lidia. Il confirme son manque de race dans la muleta en freinant des quatre pattes, n’humilie pas. Rafaelillo tente de s’en débarrasser avec une entière non concluante après pinchazo et 4 descabellos et un avis. Silence.

Il reçut son second adversaire avec plus d’autorité. Deux piques grossières. Brindis au public, mais faena distante et brouillonne. Il en termine avec une demi-épée, puis une entière toujours pas concluante puis deux descabellos et un avis. Silence à nouveau, ce n’était pas son jour.

Thomas Dufau tenta de réveiller les étagères avec cinq largas afaroladas de rodillas, puis une application à bien mettre en suerte pour deux piques sans histoire. Quite de Juan Leal par saltilleras. A noter un tercio de banderilles propre. Le cornu s’avère très vite faible. Le natif de Mont de Marsan tenta de construire une faena essentiellement droitière en aménageant des temps de pause pour ce toro de demi-charge. Musique tout de même. Il en finit par des manoletinas avant un pinchazo et une entière basse. Le Partido de Resina meurt en véritable manso à la barrière. Vuelta gentille.

Le cinquième est un coureur distrait, nada au capote. Première pique sur le cavalier de réserve, puis deux autres légères rencontres sur le titulaire. Sans caste, rien à en tirer à la muleta et Thomas Dufau en conclut par une entière caida. Silence.

Juan LEAL restera inédit au capote avec son premier adversaire. Après deux piquettes, il réalise tout de même un quite par zapopinas avant d’entamer sa faena de muleta avec des passes du pendulo et sur la série droitière suivante la musique est déjà lancée. Dans un style tremendiste que j’avoue ne pas goûter spécialement, Juan Leal aligne des redondos et des desplantes. En bref, il torée le public avant d’en finir par bernardinas, puis deux pinchazos avant un bajonazo d’école. Salut.

La pluie s’invite au dernier toro. Leal passe à côté au capote et son cornu va sur le premier assaut renverser la cavalerie plus sur l’élan que par bravoure, d’ailleurs la deuxième rencontre est des plus légères. Brindis au public qui a déserté les gradins. Et rebelote, du tremendisme en veux-tu en voilà. Mais toujours avec prudence et distance sauf en fin de série pour faire croire. De pinchazos et une entière rapide d’effet en finissent. La Présidence incompréhensiblement lâche une oreille, peut-être pour rattraper la pluie ; en tout cas elle serait très très inspirée de suivre au plus vite les formations du Corps des Présidents et Alguazils de Corridas (CPAC) de la Fédération des Sociétés Taurines de France tant l’incompétence gagne les palcos nîmois.

Les supporters de la devise bleu ciel et blanche ont dû être déçus de cette prestation, peut-être à Madrid bientôt…

Christophe Dumond. Photos : Jean-Pierre Souchon. Vidéo : Romain Bofi.