Alès. 12 mai. La seule oreille pour Marc Serrano.

Autour d’une demi-entrée pour ce desafio de ganaderias françaises dédié à Philippe Cuillé qui s’est déroulé sous les nuages, les cieux lâchant une petite averse à mi-course comme pour verser une larme en souvenir des ganaderos disparus auxquels une minute d’applaudissements fut dédiée à l’issue du paseillo.

Cette corrida tricolore était aussi un moment important pour Mario Palacios Arevalo qui y prenait son alternative. Le toro de la cérémonie portait le numéro 317 et arborait les couleurs de Philippe Cuillé.

Accueilli par quelques véroniques et revolera, ce premier cornu fut piqué à deux reprises, la seconde ration de fer demeurant symbolique. Après la cérémonie d’échange des trastos, l’impétrant débuta sa faena par d’élégants doblones genou fléchi avant de servir quelques séries droitières de correcte facture avec voltereta sans conséquences à la clé, le garçon se confiant un peu trop sur un pecho. A gauche le Cuillé pesait et se retournait vite. Le néo-matador n’insista pas. Estocade correcte. Salut au tiers pour Palacios et arrastre applaudi.

Face au sixième de Los Galos, l’extremeño resta inédit au capote et c’est son adversaire qui retint l’attention en trois rencontres avec la cavalerie, le bicho mettant les reins en brave et poussant la pièce montée sur plusieurs mètres. Hélas Palacios ne sut trouver le sitio face à l’animal, servant des muletazos au compte-gouttes. Rester dans le terrain adéquat lui aurait permis de lier ses passes, d’où une faena ambidextre décousue. Le toro (de vuelta) de Marie Sara aurait mérité meilleur traitement. Salut après une entière caidita complétée par une demi-douzaine de descabellos. Arrastre applaudi.

Marc Serrano n’a pas beaucoup de chance. A Saint Martin de Crau l’un de ses adversaires se cassait une patte. A Alès, même scénario avec le François André sorti en seconde position. Après un accueil par véroniques sans gagner de terrain, puis deux piques conséquentes, latérale la première, trasera la deuxième repositionnée plus en avant (deux trous tout de même), le nîmois brinda son opposant à son peon Victor Perez blessé à Saint Martin le mois dernier. Après les premiers doblones genou fléchi, le François André se cassa une patte et l’affaire en resta là. Demi-lame tendida et atravesada au troisième assaut, descabello. Silence.

Le second adversaire de Marc était un San Sebastian (Gilles et Mathieu Vangelisti) qui fut accueilli par une larga cambiada afarolada de rodillas au fil des tablas suivie de quelques bonnes véroniques et demie. Le bicho s’en fut ensuite visiter le callejon après s’être ouvert un passage dans les barrières. Après deux piques prises avec une certaine bravoure mais peu poussées, Marc composa une faena ambidextre d’inégale intensité, avec des séquences de bonne facture et d’autres plus marginales en pesant moins sur le bicho.

Un ensemble qui lui valut un trophée après une entière latérale. Vuelta (un peu généreuse) pour l’animal.

Alberto Aguilar n’a pas eu le meilleur sorteo et ses deux prestations sont presque passées inaperçues, même si on lui doit par moments les gestes les plus aboutis. Face au Fernay sorti avec le dossard n° 3, il dessina quelques belles véroniques conclues par chicuelina et revolera avant de le présenter face au lancier pour deux piques d’intensités dégressives. Au dernier tiers, pas grand chose à faire face à un toro violent et compliqué dont les charges désordonnées se prêtaient peu à l’exercice du toreo. Trois-quart atravesada. Silence.

A nouveau bien au capote face au Piedras Rojas par bonnes véroniques et demie, il mena son opposant face au picador pour deux puyazos, le premier pris en poussant un peu, le second regular. La faena ambidextre qui suivit connut quelques bonnes séquences gauchères avant que le bicho ne raccourcisse ses charges à mi-faena, compromettant le final du trasteo. Demi-lame un peu tendida, descabello. Salut au tiers.

Avant que ne débutent les débats, Didier Cabanis remit à Mario Palacios un souvenir marquant cette alternative en terre gardoise.

Reseña et photos : Paco.