Séville. 6 mai. L’occasion manquée d’El Adoureño.

Une toute petite demi-arène, soleil et chaleur au début, laissant place ensuite à un ciel orageux, deux heures quinze de spectacle.

Quatre novillos de Rocio de la Camara (2°, 3°, 5° et 6° ) et deux de Cortijo et la Sierra (1° et 4° ). Tous deux piques, prises avec une certaine bravoure. A la muleta toréables mais ayant tendance à s’éteindre rapidement. Les six novillos parfaitement présentés et de grande qualité pour les quatres premiers.

  • Toñete (vert et or), au premier, une entière, salut ; au quatrième, une entière, deux descabellos, silence.
  • David Salvador (vert et or souligné de noir), au deuxième, une entière, une oreille ; au cinquième, avis, une demi-lame et vuelta.
  • El Adoureño (blanc et argent souligné de noir) au troisième, trois pinchazos et une entière, silence ; au dernier, un quart de lame, un pinchazo et une entière, silence.

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Sin pena ni gloria, regular… ce ne fut pas Waterloo mais pas d’avantage Austerlitz, Yaniss Djeniba « El Adureño » est passé près, à Séville, de convaincre enfin qu’il était un vrai torero, qualité qu’on lui conteste de plus en plus depuis ses présentations à Arles et Mugron. Il avait un peu redressé la barre à Aire-sur-l’Adour, mais n’a pu poursuivre sur cette voie à Séville le 6 mais face à des novillos compliqués de Rocio de La Camara.

El Adoureño avait pourtant remarquablement commencé avec son premier Rocio de la Camara,  piqué par le français Laurent Langlois. Après un intéressant tercio de cape, ses mises en suerte au cheval furent précises. Après un brindis au torero français Juan Leal, il ouvrait sur quelques muletazos cités de loin une faena qui déclenchait aussitôt la musique. Il poursuivait par des cites à mi-distance avant d’enchaîner sur des naturelles. Adoureño était proche de la réussite mais son adversaire baissait de rythme et commençait à s’étouffer. Que le garçon ne l’ait pas remarqué, passe ! Mais que son entourage soit incapable de lui signifier qu’il fallait s’arrêter et tuer est beaucoup plus grave. Il donna donc quelques piètres séries supplémentaires qui ne firent que détruire ce qu’il venait de construire avec bonheur et talent.

Il ne trouva pas, avec le dernier, la même respiration. L’animal était plus terne, soso et sans charge véritable, ne répétant qu’avec hésitation.

Deux silences pour le Français qui devra affronter l’oreille et la vuelta, cette dernière imméritée, de David Salvador, et le salut de Toñete. Pas grand-chose de positif à retirer de cette présentation à Séville.

Toñete, le madrilène chef de lidia, commença par être désarmé à la cape et démontra plus de technique à la muleta. A sa première naturelle une musique généreuse l’accompagna, mais le garçon un peu vert se découvrit sur la gauche et fut aussitôt châtié. Il retrouva un bon rythme assez rapidement et termina en faisant croire à sa domination. Pour une dernière sortie il n’eut aucune efficacité à la cape. Après quelques premiers cites de loin, sa seconde faena fut très intense avec musique et une débauche de naturelles. Mais il y a du travail avant qu’il puisse convaincre.

David Salvador, tenta de frapper les imaginations par une porta gayola suivie d’un tercio de cape très moyen. Il soigna les détails, avec des pechos, des ayudadas et se montra très appliqué à la muleta. Il signa quelques figures parfaites et de belles attitudes… Un novillero d’école parfait mais qui va sauver sa sortie au dernier moment par une immense et impeccable estocade. Il en fera aussi peu dans le tercio de cape pour sa seconde sortie et saura tout de même s’adapter à un novillo moins mobile, et répétant avec difficulté. Il signe une faenita où rien ne surnage. En fin, un petit éclat en deux ou trois muletazos qui provoquèrent la musique. Pourquoi ?

Une novillada que l’on retiendra par la qualité du bétail qui a été présenté. Une course entretenida et toujours passionnante.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Voir le reportage photos de Joël Buravand en cliquant ici : PHOTOS.

Resumen Maestranza 6 Mayo 2018 internet from Maestranza Pagés on Vimeo.