Saint Martin de Crau. 1er mai. Décevante corrida de Pedres.

Le déplacement de la corrida au 1er mai pour cause d’intempéries pouvait faire craindre aux organisateurs des vides sur les gradins. Certes, si les aficionados venus de loin n’étaient pas tous au rendez-vous, les tendidos affichaient une fréquentation des plus correctes que l’on peut estimer à une demi-entrée. 

Beaucoup étaient venus soutenir Thomas Joubert qui jouaient presque à domicile, d’autres, ou les mêmes, avaient choisi d’être présents pour assister à la prestation des toros de Pedrés vus ailleurs à leur avantage. Dans tous les cas, une grande majorité est restée sur sa faim, notamment au niveau du bétail qui évolua dans les tons médiocres.

Si le lot envoyé par le ganadero, bien présenté, manqua d’homogénéité dans le physique, au moral il se signala par son manque de caste et d’entrega, à l’exception du bon troisième, bien au-dessus de ses frères. Les aficionados toristas sont restés sur leur faim, comme pour la corrida du samedi. 

Thomas Joubert avait hier une carte à jouer. Face à un premier toro un peu faiblard, il resta inédit au capote avant de confier l’animal aux bons soins de son picador pour deux piques d’intensité décroissante. Vite aplomado, soso dans ses charges, ce premier Pedrés fit chuter l’intérêt de la faena malgré quelques estimables séquences ambidextres, et notamment sur la main gauche où l’arlésien se présenta de face pour quelques naturelles de bon son arrachées à l’unité. Final par manoletinas et pecho avant quasi-entière contraire portée au second assaut. Salut au tiers après une pétition que le palco jugea insuffisante, ce qui lui valut quelques sifflets.

A nouveau inédit lors de la réception au capote, Thomas se reprit lors d’un quite par chicuelinas et largas après les deux rations de fer règlementaires, la seconde courte mais prise de loin. Juan del Alamo intervint pour un quite par chicuelinas et demie. Débutée sur la main droite, la seconde faena du garçon fut à l’identique de la première, à savoir d’inégale intensité mais comportant des séquences intéressantes, notamment lorsqu’à nouveau Thomas se plaça de face pour des muletazos au tracé limpide. Final par toreo circulaire avant une demi-lame latérale qui nécessita l’emploi (défectueux) du descabello. Salut.

Juan del Alamo fut quant à lui présent lors de la réception au capote par bonnes véroniques et demie. Face à ce second Pedrés qui prit deux rations dégressives de fer, le salmantino se montra élégant lors du début de faena par doblones genou fléchi, mais aussi lors des séries ambidextres qui suivirent, l’élégance ne faisant pas oublier un placement marginal dévaluant son trasteo. Tiers de lame au premier assaut, deux-tiers d’effet rapide au second. Salut.

Le quinto, au volume conséquent (592 kg), n’eut pas le rendement correspondant à son physique. Après réception par larga de rodillas, véroniques, demie et revolera, le jeune torero plaça son adversaire face au lancier pour une première pique légère qui fut doublée par la suite. Muleta en mains, la faena fut d’un intérêt relatif, la soseria du Pédres, due certainement à son excès de poids, en limitant l’impact. Donnant beaucoup (trop) de la voix, Juan del Alamo alterna les deux bords, se croisant de temps en temps un peu plus que lors de la précédente faena. Théâtral, voire racoleur en fin de trasteo, le torero fut appelé une nouvelle fois à saluer après une demi-lame tendida et latérale portée au second assaut.

Joaquin Galdos, décela le potentiel de son premier adversaire dès les premières véroniques. Ce Pédres, qui envoya le uhlan au sol lors de la première rencontre, revint face à la cavalerie pour un second puyazo trasero, puis garda beaucoup d’allant jusqu’au bout de sa vie publique. Le jeune péruvien en profita pour le citer de loin, voire de très loin, à plusieurs reprises, le bicho répondant chaque fois aux sollicitations de l’étoffe. Bonne faena ambidextre du garçon qui sut trouver l’accord avec ce « Macareno » à fort potentiel, se croisant bien, courant la main avec métier et élégance. Le meilleur moment de la tarde ! Entière delantera et descabello pour la conclusion et oreille « de ley ».

Le sixième fut un peu long à fixer pour deux véroniques et demie avant de ne prendre qu’une seule ration de fer d’intensité limitée. Brindée à son peon, l’ancien matador Angel Gomez Escorial, la seconde faena du garçon fut de bon niveau à droite mais beaucoup moins sur le versant opposé où Galdos ne fut pas maître du jeu, d’où des enganchones à répétition. Final encimista et un poil tremendista à toro éteint précédant entière caida. Salut.

Ne faudrait-il pas revenir aux fondamentaux plus toristas de cette Feria ?

Reseña et photos : Paco.