Aire-sur-l’Adour. 1er mai. Deux oreilles pour la novillada.

Arènes Maurice Lauche, un quart d’arène, température fraîche entre soleil et nuage, deux heures cinquante de spectacle.

Deux novillos de Raso de Portillo (1er et 3e), une et trois piques, deux Maria Cascon (2e et 4e), une et deux piques et deux Palha (5e et 6e), une et deux piques. Tous toréables, même si certains compliqués à la muleta.

  • El Adureño (rouge et or), au premier, une entière, deux descabellos, avis, silence ; au quatrième, un pinchazo, une entière, trois descabellos, avis, silence.
  • Baptiste Cissé (bordeau et or), au deuxième, trois pinchazos, une demi-lame, un descabello, avis, silence ; au cinquième, un pinchazo, une demi-lame, un descabello, avis, une oreille.
  • Dorian Canton (rouge vif et or), au troisième, deux pinchazos, une entière, silence ; au dernier, deux pinchazos, un quart de lame, une entière, une oreille.

 

Apostille. Après la lidia du troisième toro, la musique a interprété le paso «Yvan Fandiño» en hommage au matador tué par un Baltasar Iban dans ces mêmes arènes à la mi-juin 2017.

Les deux novillos de Palha qui sont sortis à la fin de la course (5e et 6e) ont donné la vraie dimension à la novillada du cinquantième anniversaire des Arsouillos, hier, à Aire-sur-l’Adour). Deux novillos qui ont permis de couper des oreilles par leur mobilité et leur agressivité et surtout parce que Baptiste Cissé et Dorian Canton ne se sont pas laissés impressionner par cette fougue et cette façon de recharger sans cesse dans la muleta.

Yanis « El Adureño », chef de lidia de la course, a démontré beaucoup de maîtrise. Il a su être très artiste dans de nombreuses passes. On retiendra une grande série de naturelles avec le premier Raso de Portillo, des passes venues de très loin et distillées avec beaucoup de lenteur. L’épée ne lui permettra pas de conclure. Par la suite il poursuivra sur ce registre de l’excellence sans jamais parvenir au geste, ou à la figure qui l’aurait consacré. Il doit méditer amèrement qu’être une torero d’école ne suffit pas pour convaincre.  Le petit coup de pouce de la chance est nécessaire pour poursuivre.

Baptiste Cissé, avec le premier Palha donne le ton de la novillada. Il livre un long combat qu’il a commencé par quelques passes de châtiments. Elle lui permettront de s’imposer même si l’animal ne cesse de tenter de le faire reculer. Malgré cette lutte Cissé parvient à dessiner une faena très agréable… Elle réveillera le public qui agite quelques mouchoirs.

Dorian Canton, par contre avec la fougue de sa jeunesse va enflammer l’arène avec un dernier Palha. Face à cette agessivité débordante, jamais il ne reculera d’un pas… La main demeure au plus bas et il fait mordre la poussière à son adversaire. La séquence est enjolivée par quelques changement de main et surtout impressionnante par la maîtrise dont il fait preuve. Ce n’est pas un novillero mais presque un vrai torero qui conduit  ce combat. L’oreille est-elle généreuse, ce n’est pas un problème, mais le novillo méritait peut être un tour d’honneur. On parlera longtemps de cette novillada, passionnante de bout en bout.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.