Séville. 20 avril. Fracaso ganadero mais une oreille pour Manzanares.

Séville a été un jour de plus le théâtre d’un défilé de toros sans race ni forces porteurs cette fois du fer de Juan Pedro Domecq.

Il fallut attendre de voir sortir le second sobrero pour que Ginés Marin puisse clore la tarde, le titulaire étant renvoyé aux corrales pour invalidité, remplacé par un sobrero du même fer renvoyé lui aussi pour la même raison, et remplacé par un second sobrero de JPD anovillado et sans grande force lui aussi.

Bref pas de toro en piste, mais rassurez-vous, Juan Pedro Domecq sera à nouveau à l’affiche à Séville en 2019, tout comme les ganaderias dont les produits ont brillé par leur absence de caste et de forces, car il faut bien que les infirmiers de service en habit de lumières puissent exercer leurs talents. Et tant qu’il y aura un « No hay billetes » affiché à l’entrée de l’hôpital, ces messieurs auraient bien tort de se priver d’argent facile. Désolant ! Comme on dit souvent : « Le ver est dans le fruit ! ».

Après le « coup de gueule » du jour, passons au compte-rendu de la course.

Enrique Ponce (qui mérite mieux qu’un statut d’infirmier mais qui remplit l’office bien trop souvent) ne put rien faire face à un premier Juan Pedro décasté, fade et éteint. Il tenta un toreo de proximité pour sauver les meubles, mais ses efforts furent vains. Allez donc tirer de l’eau d’une pierre ! Silence pour le torero et sifflets à l’arrastre. Le Maestro de Chiva se montra élégant et volontaire face à un quatrième qui ne méritait pas qu’on s’attarde sur son sort. Salut pour avoir essayé et sifflets à l’arrastre.

José Maria Manzanares, élégant au capote face à un second noble et doté d’un peu de fond qui se sauva un peu du naufrage général, sut trouver l’accord au dernier tiers et composa une faena ambidextre agréable faute de pouvoir s’élever vers les sommets. Oreille après une bonne estocade. Le quinto, fade et très faible, n’offrit guère d’options. Le torero d’Alicante le tua mal et se retira en silence.

Ginés Marin hérita d’un premier opposant qui afficha plus de présence au premier tiers, jetant le cheval au sol à la première rencontre, puis se montrant bravito à la seconde. Hélas, finies les illusions. Ce fut tout. Soso et éteint dans dans la muleta du garçon, il ne délivra que quelques charges exploitables avant de s’arrêter. Insuffisant pour une faena digne de ce nom. Salut. Le sixième ter ne permit rien. Ginés Marin tenta d’en tirer quelque chose, en pure perte. Palmas pour avoir essayé.

(Photo : https://plazadetorosdelamaestranza.com/)