Séville. 18 avril. La torpeur se ré-installe.

Les toros d’El Pilar ont replongé la Maestranza des premiers jours de la feria. Nobles mais sosos, justes de forces, ils ont fait baisser considérablement l’intérêt pour les choses de la piste.

Juan Bautista, qui revenait à Séville après sept temporadas d’absence, en a fait les frais. Son premier adversaire, quasiment invalide, n’autorisa qu’une faena d’infirmier dont se détachèrent une tanda droitière et quelques naturelles isolées. Silence. Le quatrième toro fut renvoyé aux corrales et remplacé par un sobrero du même fer qui n’afficha pas plus de moyens que le Pilar d’ouverture. Privé de matière première, Jean-Baptiste fit de son mieux mais l’ensemble resta dans les tons neutres. Nouveau silence.

Alberto Lopez Simon ne connut pas meilleur sort. Désireux de triompher, il se montra volontaire dès les premiers capotazos mais il dut très vite déchanter face à un adversaire qui très vite raccourcit ses charges pour finir aplomado. Silence. Comme Juan Bautista, il vit son second opposant regagner les corrales pour déficience physique et remplacé par un second sobrero d’El Pilar aussi. Peu concerné par le combat, ce quinto bis commença par visiter le ruedo en tous sens avant d’entrer dans la muleta sans humiliation. Desconfiado, Lopez Simon insista peu. Silence.

Le troisième fut le plus encasté de la course. Bien au capote, José Garrido l’invita ensuite à une longue faena ambidextre de correcte facture et de bon goût, hélas mal conclue avec la rapière. Vuelta. Le sixième, juste de forces, fut un bicho réservé qui tantôt mettait la tête et tantôt se défendait. Garrido, en bon professionnel, en tira ce qu’il put et sa volonté fut récompensée par la seule oreille de cette morne tarde.

(Photo : https://plazadetorosdelamaestranza.com/)