Garlin. 8 mars (tarde). Extraordinaire novillada de Pedraza et deuxième triomphe de Dorian Canton.

Belle entrée, temps frais et pluvieux, deux heures quarante de spectacle.

Six novillos de Pedraza de Yeltes, remarquablement présentés, mobiles et agressifs mais se laissant faire à la muleta au prix d’un peu de courage. Tous deux piques, sauf le quatrième qui en prit trois dont un châtiment de tienta. Le second a renversé le cheval.

  • Angel Jimenez (blanc et or), au premier, trois-quarts de lame, une oreille ; au quatrième, une demi-lame, une oreille.
  • Antonio Grande (bleu marine foncé et or), au deuxième, une entière, une oreille ; au cinquième, une entière, salut.
  • Dorian Canton (bleu marine et or), au troisième, deux pinchazos, une entière, trois descabellos, avis, salut ; au dernier, un pinchazo, une entière, un descabello, deux oreilles.

 

Apostille.

  • Le banderillero, Asier Echanis Campos, de la cuadrilla de Dorian Canton, a salué au dernier toro.
  • Les picadors Curro Sanchez et Laurent Langlois se partagent le prix de la meilleure pique.
  • Dorian Canton remporte le prix Jean Ducos.

 

Le mayoral qui salue et fait quelques pas avec Dorian Canton, puis le représentant de l’élevage, José Ignacio Sánchez,  qui sort en triomphe avec les deux novilleros… deux instants qui résument l’extraordinaire comportement des Pedraza de Yeltes qui venaient pour la sixième fois dans les arènes de Garlin.

Six novillos le plus souvent au gabarit de toro, très hauts, longs et dans l’ensemble plutôt bien armés, une vuelta pour le quatrième. Ce fut en fait la grande fête du toro, avec surtout deux garçons particulièrement combattifs et très techniques pour les mettre en valeur.

Angel Jimenez, qui s’était qualifié le matin lors d’une fiesta campera avec deux Pedraza partagés avec Rafael Gonzalez, ouvrait le bal par une belle série de véroniques sans se laisser impressionner par la hauteur de son adversaire. A la muleta il s’imposa rapidement sur la main droite, enflammant quelques éclairs sur la gauche. Il conserva toujours un rythme très lent. Ce fut avec une réussite identique qu’il revenait, profitant désormais d’un novillo répétant plus facilement. Il se présentait dans le Sud-Ouest, on pourrait l’y revoir assez souvent.

Antonio Grande  a eu chaque fois de beaux gestes et une belle profondeur dans certaines de ses passes de muleta, malheureusement ses deux faenas furent un peu décousues, désarmé par deux fois, victime d’une voltereta spectaculaire. Il était un peu vert pour les difficultés de ce bétail.

Dorian Canton, qui faisait sa deuxième novillada piquée, a étonné par sa maîtrise et son calme. Quelques véroniques à genoux avec son premier, puis des figures plus classiques avec une belle lenteur, il va, à la muleta, jouer entre le spectaculaire et le classique. Plusieurs passes changées dans le dos rapidement suivies d’une énorme série de naturelles, il donnait des images de torero accompli… jusqu’à prendre trop confiance et se faire rappeler à l’ordre par le novillo. Sa mise à mort ne fut pas à la hauteur de l’ensemble.

Il retrouva ce même souffle pour sa seconde sortie avec sûrement beaucoup plus de précision sur les deux mains. Il n’aura jamais été impressionné par ses adversaires. Il a témoigné de la sérénité d’un vieux briscard. Certes il a connu de nouvelles difficultés à la mise à mort, mais le public a pu lui obtenir la deuxième oreille. Il est pour beaucoup dans la réussite de cette course.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Reportages photos : Romain Tastet.

Le matin, la Fiesta Campera mettait en jeu une place pour la novillada de l’après-midi. Angel Tellez, qui toréait le même jour à Las Ventas, avait cédé sa place à Rafael Gonzalez. Face à deux novillos de Pedraza de Yeltes, Angel Jimenez et Rafael Gonzalez ont fait chacun valoir leurs arguments et ont reçu une ovation à l’issue de leurs prestations respectives. Le vote du public a finalement désigné Angel Jimenez pour figurer au cartel de la tarde. (NdR)