Arles. 1er avril (matin). Adrien Salenc et Callet sur le podium.

Une novillada 100% française qui a attiré un public conséquent dans les arènes en ce dimanche pascal.

Au menu, six novillos de ganaderias tricolores du Sud-Est, bien présentés dans l’ensemble, avec des différences de morphologie suivant les fers.

Côté piétons, Adrien Salenc, qui venait revendiquer sa place perdue en fin de temporada dernière sur blessure, Yannis Djeniba El Adoureño, à la conquête du public français, et Raphaël Raucoule « El Rafi » qui faisait ses débuts dans la catégorie.

« Osado » de Concha y Sierra, né en octobre 2014.

Assez fin de type, ce joli jabonero n’eut hélas pas les moyens de ses ambitions. Après quelques correctes véroniques et demie, Adrien Salenc le mena vers la cavalerie pour deux rations de fer, correcte la première, plus légère la suivante, les deux entrecoupées de chutes du faible animal. Doté d’une pointe de sentido, il attrapa Rafael Cañada à la sortie d’une pose de banderilles, un accrochage heureusement sans conséquences. Débutée sur la main droite, la faena instrumentée à mi-hauteur, fut de bonne facture bien qu’un peu contrariée par les forces justes de l’utrero. Final par circulaires inversées et bernadinas serrées, puis un pinchazo hondo précédant une entière en place. Oreille.

« Nevado » de Los Galos, né en juin 2014.

Doté d’une corne droite accrocheuse, il ne facilita pas les premiers capotazos d’El Adoureño qui le confia ensuite aux bons soins de son picador qui « pompa » lors des deux rencontres règlementaires, l’animal sortant seul de la seconde. Quite de Yannis par tafalleras et faroles alternés suivi d’un second de la part de Rafi par chicuelinas et demie avant un second tiers au cours duquel le bicho tenta de sauter dans le callejon. Brindée à Juan Bautista, la faena du garçon, débutée par cambiadas au centre, fut plus accrocheuse que technique, le côté pueblerino l’emportant sur les fondamentaux. Beaucoup d’approximation dans son toreo, à dextre comme à senestre, malgré quelques gestes plus aboutis. Entière caida hémorragique pour expédier l’animal. Salut.

« Andrés » du Laget, né en novembre 2014.

Un novillo peut-être un peu trop lourd pour arriver à se mouvoir correctement, et accusant une faiblesse qui le fit chuter à plusieurs reprises en cours de lidia. El Rafi le reçut par une larga de rodillas suivie par quelqures véroniques, chicuelinas et demie. Après une pique et un picotazo pour la forme, le Laget fut invité à un quite d’Adrien par chicuelinas, mais ses forces justes obligèrent le garçon à écourter la suerte. Bon second tiers de Raphaël qui cloua en deux poder a poder et un violin, puis une première faena, brindée au ciel, qui vit un garçon appliqué bien qu’encore maladroit dans ses gestes, à gauche notamment où il subit quelques désarmés. Trois-quart en place après deux pinchazos, deux descabellos. Salut.

« Casador » de Pagès-Mailhan, né en avril 2015.

Après quelques véroniques de réception, le novillo reçut deux légères rations de fer, Yanis intervenant ensuite par faroles et revolera, Adrien reprenant les commandes pour dessiner trois navarras et demie. Brindée à Juan Bautista, la faena ambidextre, inégale d’intensité, connut quelques séquences de correcte facture et d’autres moins abouties, le garçon n’étant certes pas aidé par un novillo compliqué, de charge courte et qui de temps en temps envoyait la corne vers le piéton. Final par ayudadas por alto avant demi-lame en place nécessitant l’usage du descabello. Vuelta (un peu protestée par une partie du public).

« Mudo » de Callet, né en février 2015.

Beau novillo avec un trapio de toro qui, après quelques véroniques et chicuelinas d’ouverture, mit les reins lors d’une très longue première pique prise avec force et bravoure, le bicho revenant seul vers le lancier pour un second puyazo de courte durée avant de se voir administrer une troisième ration de fer. Quite de Rafi par faroles et revolera. Hélas la suite fut à sens unique, Yanis perdant les papiers après un avertissement faisant suite à sa première série droitière. Le reste ne fut que reculades et passes servies en perdant du terrain. Dominé sans pouvoir agir, le garçon renonça et écourta la punition d’une lame latérale.

Vuelta pour le novillo et bronca pour El Adoureño.

« Nimba » de Blohorn, né en décembre 2014.

Beau novillo qui alla jusqu’au bout de ses intentions jusqu’au second tiers, puis qui se refusa à jouer le jeu. Après quelques véroniques et demie, puis deux piques (traserita la seconde), Rafi le banderilla correctement avant de tenter une faena qui s’avéra creuse, le Blohorn s’excluant des débats. Le garçon fit le maximum pour lui arracher quelques muletazos, mais à l’impossible nul n’est tenu. Quasi-entière contraire et quelques descabellos pour expédier le mauvais coucheur. Silence.

Le prix au meilleur novillo revint à « Mudo » de Callet, celui du meilleur novillero à Adrien Salenc.

Reseña et photos : Paco.