Aignan. 1er avril (matin). Dorian Canton triomphe devant d’excellents novillos de Jean-Louis Darré.

Novillada sans picadors avec quatre novillos du Camino de Santiago, bien présentés, avec un accessit au premier et une vuelta posthume pour le dernier. Une heure vingt de spectacle.

  • Dorian Canton (rouge et or), au premier, une entière, une oreille ; au troisième, un pinchazo, un mete y saca, une entière, une oreille.
  • Yon Lamothe (rouge fané et or), au deuxième, deux pinchazos, une entière, salut ; au dernier, quatre pinchazos, une entière, un mete y saca, trois-quarts de lame et deux descabellos, avis, silence. 

Plutôt satisfait Jean-Louis Darré… de quoi se remonter le moral après des périodes de doute, les Camino de Santiago peuvent toujours prétendre à la cour des grands. Un premier eral magnifique de présentation et un dernier, applaudi à l’entrée et récompensé d’une vuelta al ruedo. Mais entre ces deux moments il y a eu une novillada parfaite et entretenida.

Dorian Canton qui débute le lundi 2 avril en novillada formelle à Mugron, a eu les gestes et les réactions d’un grand professionnel qui l’amenaient à obtenir une oreille devant chacun de ses adversaires.

Après quelques véroniques très douces face à son premier adversaire, il démontrait toute sa science d’un premier opposant asphyxié progressivement dans les plis de sa muleta. Ce fut une succession de passes douces et classiques, le tout composé avec beaucoup de grâce et de maîtrise. Mais on aura beaucoup aimé Dorian dans la parfaite maîtrise de son second adversaire. Après avoir cité de loin, il essayait les deux mains avec plus de réussite sur la gauche. Une série de naturelles sera à l’origine de son deuxième succès avant qu’il ne reparte sur la main gauche. A tous les instants Dorian Canton aura parfaitement été maître de son art. Une grande course avant de passer à l’échelon supérieur.

Yon Lamothe n’a pas retrouvé la grâce de l’été.  Face à ses deux novillos, il aura chaque fois été brouillon, sans jamais dominer véritablement son sujet. D’une façon générale il aura été beaucoup trop rapide sur toutes ses figures, notamment dans une suite de naturelles à son dernier Camino. Yon aura été décontenancé par le comportement des pupilles de Jean-Louis Darré. Il échouera à la mort… mais dans ce galimatia de capotazos et muletazos, Yon Lamothe a parfois mis en valeur cette petite flamme qui fait de lui un grand torero.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.