Fourques. 25 mars. Yon Lamothe et Tristan Espigue les plus en vue.

L’Ecole Taurine Rhône Aficion organisait hier sur les bords du Rhône une novillada sans picadors avec du bétail de son président Jacques Giraud.

A l’issue du paseillo, Gilles Dumas, premier magistrat de la cité gardoise, rendit hommage au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame et aux victimes du lâche attentat de Trèbes avant qu’une minute de recueillement soit observée par l’assistance.

Avant que ne commencent les débats, le novillero Tristan Espigue reçut de l’artiste Jean Vargas un souvenir pour marquer ses débuts du jour en novillada sans picadors.

Côté bétail, les aspirants ont eu souvent fort à faire avec des erales de Jacques Giraud solides, encastés et exigeants qui demandaient les papiers. Certains eurent du mal à les présenter et en furent quitte pour quelques volteretas heureusement sans conséquences.

Le catalan Manuel de Reyes, élève du Centre de Tauromachie Nîmes-Catalogne, débuta sa partition par une larga cambiada de rodillas a porta gayola avant de dessiner quelques correctes véroniques qui furent suivies d’un quite de Yon Lamothe par chicuelinas et demie. Un peu dépassé par la charge vive d’un novillo pegajoso (collant), le jeune catalan alterna le correct et le passable sans parvenir à dominer son adversaire sur l’une ou l’autre main. Il perdit souvent ainsi du terrain et finit par un échec avec les aciers qu’il me serait aussi pénible de détailler que de l’avoir suivi de près. L’animal regagna les chiqueros après qu’eurent retenti les trois avis fatidiques. Silence.

Yon Lamothe, élève de l’école taurine Adour Aficion, est tombé sur l’un des erales les plus commodes du jour et a su en profiter. Il signa ainsi quelques bonnes véroniques et demie pour la réception avant de laisser place à Antonito qui poursuivit par véroniques et larga. Brindée à Tino Lopes, directeur de l’école taurine locale, la faena fut d’inégale valeur et peut être un peu longue face à un novillo qui ne refusa rien. On retiendra quelques bonnes séquences, principalement instrumentées sur la main gauche, avant conclusion par lame contraire atravesada et perçante suivie de trois descabellos. Oreille.

Antonito, de l’école taurine Rhône Aficion, est encore bien vert, surtout pour ce genre de bétail. Face à un novillo de moindre trapio que les deux premiers, il accompagna plus souvent les charges qu’il ne les dirigea. Si les véroniques de réception mfurent un peu approximatives, les chicuelinas qui suivirent le quite de Tristan Espigue (par jolies véroniques, demie et larga) furent de meilleur niveau. Second tiers à charge du titulaire qui cloua par deux fois en poder a poder et termina par un violin al sesgo por fuera. Muleta en mains, la domination ne fut pas au rendez-vous et Antoine, bien qu’appliqué et volontaire, ne s’imposa jamais vraiment. On retiendra quelques séquences de bonne facture, notamment sur la main gauche avant un final compliqué avec les aciers. Vuelta pour son compte. 

Tristan Espigue, de l’école taurine Rhône Aficion, a signé (à mon avis) les plus beaux gestes de la tarde, même s’il lui reste encore du chemin à faire. Les véroniques et la demie de réception furent de bon niveau, le quite par tafalleras également, avec à chaque fois la qualité d’occuper le terrain sans en céder un pouce à son opposant. Clément Jaomes intervint et subit une spectaculaire voltereta qui s’avéra fort heureusement sans conséquences. Dôté d’énormément de genio, le bicho vint fort dans l’étoffe, occasionnant quelques maladresses dues à des replacements difficiles. Faena ambidextre donc d’inégale intensité mais volontaire et vaillante jusqu’à se faire accrocher par deux fois, la seconde lors de la mise à mort dont Tristan sortit un peu sonné après une quasi-entière en place. Quatre descabellos pour en finir et l’oreille de la vaillance dans la main.

Clément Jaomes, de l’école taurine Béziers Méditerranée, concluait cette tarde. C’est par une larga cambiada de rodillas qu’il accueillit le dernier eral avait de dessiner quelques véroniques et une revolera. Après un quite de Manuel de Reyes par véroniques, le garçon brinda sa faena à son copain d’école (taurine) Lucas Miñana, une faena là aussi d’inégale valeur mais comportant de bons passages sur la bonne corne gauche d’un eral qui afficha le meilleur comportement de la tarde, comportement qui lui valut d’être honoré de la vuelta posthume.

Le frisson passa dans le public lors d’un long accrochage dont fort heureusement Clément ressortit indemne. Après une manoletina hyper-serrée, le jeune novillero porta une première lame très en arrière du point d’impact idéal avant de loger une entière tendida décisive. Oreille.

A l’issue de la course, Tristan Espigue a reçu le premier Trophée Terre d’Argence attribué au meilleur novillero de la tarde. Pas mal pour une première !

Notes.

  • Présidence sans problèmes à charge de Cédric Bernardi, président du club taurin La Unica de Saint Martin de Crau.
  • La présence d’un micro aurait été bien utile, notamment pour la présentation de l’hommage du début, mais aussi pour annoncer la remise du prix avant que les gradins ne se vident.

 

Reseña et photos : Paco.