Vauvert. 18 mars (tarde). Solalito le plus en vue.

Une bonne chambrée d’aficionados occupait hier les gradins des arènes de la petite cité gardoise pour assister à la novillada sans picadors proposée dans la cadre du 11ème Printemps des Jeunes Aficionados.

Au menus des erales de Michel et Jacqueline Barcelo, de belle présentation, abordables dans l’ensemble, avec pour certains une petite pointe de faiblesse, et un toro de Sainte Cécile, bien présenté lui aussi, mobile et solide, pour le rejoneador Mickaël Toubas.

José Antonio Valencia, de l’école taurine d’Arles, ouvrit les débats par la lidia d’un novillo un peu distrait et de charge désordonnée. Bonnes véroniques et revolera pour la réception, suivies par un quite d’Antoine Saroul « Antonito » par véroniques et demie, le titulaire répliquant par gaoneras et tafalleras alternées d’inégales valeurs se terminant par un accrochage. Cheville strapée, le jeune vénézuélien reprit le combat, signant quelques bonnes séquences ambidextres, le meilleur venant sur la bonne corne gauche du bicho. Final par manoletinas avant bajonazo traversant l’animal au second assaut. Silence.

Antonito, Antoine Saroul dans le civil, pensionnaire de l’école taurine Rhône Aficion, s’est montré volontaire mais techniquement un peu juste, subissant de nombreux désarmés qui pénalisèrent la continuité de son travail. Il accueillit ainsi son adversaire par deux largas cambiadas de rodillas avant de se relever pour dessiner quelques véroniques et deux demies, la seconde un peu sèche expédiant le bicho au tapis. Le second tiers s’avéra inégal, tout comme la faena où le garçon alterna séquences appliquées et passages brouillons. On retiendra quelques naturelles au tracé harmonieux. Trois-quarts de lame de côté, descabello. Salut.

Solalito eut la chance de tomber sur le meilleur novillo de la tarde et le bon goût de ne pas le laisser passer. Un peu long à fixer dans le capote, ce troisième Barcelo finit par s’y intéresser, s’y engouffrant alors pour deux jolies véroniques, la suite par chicuelinas, demie et revolera s’avérant de moindre niveau. Quite de Hugo par véroniques et revolera auquel Solal répondit par tafalleras et faroles alternés. Bon second tiers du garçon qui cloua en poder a poder, sesgo por fuera et quiebro avec des banderilles courtes. Brindée à Serge Almeras et Denis Loré, la faena s’intensifia au fil des muletazos, le novillero courant bien la main en aguantant les forces justes du novillo. Travail de menos a mas, varié, appliqué, principalement instrumenté sur la bonne corne gauche de l’animal avec de temps en temps quelques naturelles lumineuses. Un bon travail qui aurait pu valoir un double trophée si l’épée avait été au rendez-vous. Hélas un mete y saca dans l’abdomen, un entière perçante dans les côtes, un pinchazo et un descabello nuirent à la qualité de l’ensemble. Dommage, mais une sortie tout de même prometteuse.

Hugo, élève du CFT, eut à composer avec la faiblesse du dernier novillo et passa un peu dans l’indifférence. Les véroniques d’ouvertures et le quite par faroles promettaient une suite intéressante, mais la soseria de l’opposition contraria le débat. Faena d’inégale intensité, appliquée mais ne sortant guère de la grisaille. A noter une bonne estocade, la meilleure de la tarde bien que traserita. Salut. A revoir dans de meilleures conditions pour se forger un jugement.

Contrairement aux us et coutumes, le cavalier passa en 5ème et dernière position. Le soucis de préserver l’état de la piste en fut certainement la raison. La pluie commença , les parapluies s’ouvrirent en même temps que la porte du toril.

Mikael Toubas s’est appliqué à bien faire. Servi par une cavalerie sérieuse, il reçu le bon colorado de Ste Cécile avec un beau cheval de robe isabelle pratique et efficace. MT se montra à l’aise pour parer la fougue du bicho. S’il commit quelques maladresses dues au manque de compétition, ne lui jetons pas la pierre, on en a vu d’autres… Il posa 2  châtiments : le premier dans le morillo, le second légèrement derrière au niveau de l’épaule gauche. Lors de la suerte de banderilles il présenta successivement 2 bais dont 1, le premier portait le fer de Mendoza.

Il mit un peu de temps à trouver le sitio et la bonne distance avant de clouer un bon bâton avec le Mendoza et 3 bâtons intéressants avec le 2ème bai, le tout cité de face, après quelques passages à vide. Après la première banderille, le toro en colère fit faire un tour de piste au cavalier à la limite de le mettre en difficulté. Marco Léal, sut détourner habilement ce N° 9 . MT conclu d’une lame efficace un peu trasera en chevauchant un louvet commode. Vuelta al ruedo pour le réjonéador avec légère pétition d’oreille qui aurait pu être plus chaleureuse avec moins de fraîcheur et de grisaille.

Notons et insistons sur  la bonne qualité et la bonne présentation du toro de Ste Cécile qui donna un jeu intéressant.

A l’issue de la course, Solalito fut désigné meilleur novillero de la tarde. Arnaud Frade, délégué de l’UCTPR, lui remit une muleta. (Photo : Hugues Bousquet)

A l’issue du paseillo, une minute d’applaudissements salua la mémoire des personnes du monde taurin disparues.

Reseña et photos : Paco.
Reseña du rejoneo : Freddy Porte.