Olivenza. 4 mars (matin). Triomphe des trois toreros.

Trois quarts d’arène, soleil jusqu’au sixième, température agréable, deux heures trente de spectacle.

Six toros de Victoriano del Rio, de 504 à 542 kilos, admirablement présentés, le premier et surtout le quatrième faibles. Tous une pique prise avec bravoure et une certaine puissance. Plutôt faciles à la muleta.

  • Enrique Ponce (rouge et or), au premier, une entière, une oreille ; au quatrième, une entière deux oreilles.
  • Antonio Ferrera (rose et or), au deuxième, une entière spectaculaire, un descabello, deux oreilles ; au cinquième, une entière, une oreille.
  • Andrès Roca Rey (bleu pâle et or), au troisième, une entière, avis, une oreille ; au dernier, un pinchazo et une entière, une oreille.

Les trois toreros fortemant ovationnés à la fin du paseo.

Enrique Ponce, avec son deuxième Victoriano del Rio, a donné une extraordinaire leçon de tauromachie. Précisons tout d’abord que l’animal aurait dû être renvoyé pour une trop grande faiblesse. Puis le «Professeur» tenta le tout pour le tout. A force d’une tauromachie douce et très lente, il parvenait à sauver le toro, évitant tout recorte, terminant à moitié passe, ayant forgé la figure à mi-hauteur, avant d’en terminer la par une énorme mise à mort. Ponce n’a même pas inventé ce toro, il a eu le prodigieux pouvoir de nous faire croire qu’il affrontait un toro digne de ce nom. Il avait gagné la partie !!!

Lors de sa première sortie il avait signé un grand toreo de cape avec une extraordinaire demie. Puis il ouvrit une faena faite de sensibilité et de rythme, avec une série de muletazos parfaits, le corps relâché, comme attendant le châtiment. Cette seule séquence remboursait l’ensemble de la course.

Antonio Ferrera, dans cet escalafon des meilleurs, lui succédait avec la volonté de triompher. Il allait allonger et étirer la main au maximum permis par la nature, et faire suivre  des muletazos, modèles d’école. Ses naturelles firent rêver les aficionados les plus exigeants. On ne retrouverait pas cette qualité lors de sa seconde sortie et il allait rapidement manquer beaucoup d’intensité. On se trouvait devant une faenita sans grand intérêt.

Andrès Roca Rey pouvait-il être le sauveur de cette matinée ? Non car le garçon n’avait pas la volonté de s’inscrire dans le tourbillon des enfants de l’église. 

Par contre, à cette occasion ou en d’autres contrôles, la toute puissante FIT faisait respecter sa supériorité. Ponce était au sommet de son art et permettait aux banderilleros de poursuivre selon leur inspiration. Roca Rey sera félicité lors de sa première sortie et parviendra à arracher le programme télévisé.

Les trois toreros se retrouveront avec les trois fagots de protection. Ils transformeront leur lieu d’accueil en centre débergement et rencontreront régulièrement les classiques. Une sortie en triomphe » pour les trois garnements du matin.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.