Souvenirs, souvenirs.

En 1963, Jean-Philippe Smet, vingt ans, vient tourner «D’où viens tu Johnny ?» en Camargue.

Les locaux concourront au succès de la pellicule avec le raseteur Francis San Juan, le comédien Jean Franval et Manitas de Plata, dans le rôle du guitariste gitan (sic). La bande son du film est « Pour moi la vie va commencer ».

Copain du chanteur, Luis Antonio Goïta Martinez va entamer la plus belle temporada taurine de sa vie et fera sienne la chanson. Fils de David Romero, frère de David Romero et neveu de Pedro, il est né le 10 mai 1945 à Logroño. L’oncle le fait venir à Arles , d’où les deux apodos : Luis Antonio Rodriguez – Luis Antonio Romero.

Il débute sa carrière de becerrista le 3 septembre 1961 à Lunel avec Calatayud et son frère. Elevage André PourquierIl sera en tête de l’escalafon novilleril en 1963 avec 14 courses, 3 en Espagne, 2 en Andorre et 9 en France. Il foulera le sable de Collioure, Vichy, Beaucaire, Vauvert devant des Pouly, des Yonnet

C’est devant les Antonio Cobaleda qu’il gagnera le trophée de la Vierge de Meritxell (Sainte Patronne d’Andorre) après avoir coupé quatre oreilles et une queue, le 8 septembre 1963. Au cartel :  Rafaelillo, Manolo MurielCette même année, il se présente à Madrid en nocturne et coupe une oreille.

C’est à Arles qu’il signera ses plus grands succès. Le 13 avril, devant une course mixte YonnetPouly, il coupe trois oreilles. A la brega, l’oncle. L’estocade de la journée titre la revue Toros sous la plume de Luis de la Cruz.

Répété le 26 mai, devant des Conde de Cabral : Puerta grande. Répété le 6 juillet devant du bétail Andrame Irmaos (Portugal).

En 1964, deux courses, une en 1965. Il se vêt d’argent et banderillera (il excellait dans cette suerte) pour Jules Romero, Christian Montcouquiol, Simon Casas et Daniel Bizet et toute la Toreria Française des années 70 et 80.

Il officiera en Espagne, à Madrid et dans sa banlieue où il résidait.

Luis Antonio a quitté le ruedo terrestre en début de semaine. Il avait 73 ans dont trois décades «A los Toros» !!

Vaya con Dios, Luis.

Jacques Lanfranchi «El Kallista»
(4 mars 2018)

crédits photos :

  • 1 et 3 : famille Romero.
  • 2  : Mireille Lagier Ayma