Olivenza. 2 mars. Trois oreilles coupées pour la novillada d’ouverture.

Pluie, bourrasque et froid, toute petite demie-arène dans un univers très protégé, deux heures quinze de spectacle.

Six novillos d’El Freixo, tous bien présentés, de une à deux piques, très mobiles dans la muleta, toréables pour qui voulait les consentir.

  • Maria del Mar (violet fané et or), au premier, une entière, silence.
  • Juanito (bleu ciel et or), au deuxième, un pinchazo et une entière, une oreille.
  • Alfonso Cadaval (bleu ciel et or), au troisième, un pinchazo, une entière, salut.
  • Toñete (bordeaux et or) au quatrième, une entière, un avis, une oreille.
  • Marcos (blanc et argent), au cinquième, une entière, une oreille.
  • Alejandro Adame (violet fade et or), au sixième, quatre pinchazos, une demi-lame et une entière, salut.

Entre un peu de pluie, de rares rayons de soleil, trois ou quatre bourrasques de vent et un chubasco de catégorie, la feria d’Olivenza s’est ouverte dans une certaine tristesse. Heureusement, la novillada d’ouverture, en ces dernières heures du vendredi, nous a apporté un peu de réconfort.

Six novillos d’El Freixo, et six novilleros, selon leurs moyens mais avec la volonté d’en découdre. Personne ne regrettera ces moments humides sur les tendidos de pierre.

Maria del Mar ouvrait la sizaine, et l’on se demande encore pourquoi est-on allé  chercher cette jeune, jolie et frèle  jeune fille pour tenir un rôle dans cette course. Manifestement trop verte et manquant d’entraînement, elle a reculé sur chacune des passes qu’elle a données. Puis elle fut désarmée et finalement, au moment de la mise à mort, très sérieusement bousculée et obligée de passer par l’infirmerie.

Juanito (photo du haut et ci-dessus), habitué de ce genre de concours, fut tout de suite à l’aise, et après un mgistral brindis au public, il attaque sur une belle série à gauche. Mais c’est surtout son style fait de lenteur, d’amplitude, de temple et sans jamais une faute de goût qui vont le propulser aux sommets de cette école. Un cogida rompra ces grands moments taurins. Mais chaque fois Juanito saura relancer sa sortie.

Alfonso Cadaval fit se lever l’arène par l’immense classe de ses véroniques, avec cette lenteur qui à tous les moments allait marquer son torero. Il ralentissait chaque fois la charge de l’animal et nous exposait une grande leçon de domination. A prendre trop confiance il finira par se faire désarmer. Cadaval a su se montrer à la hauteur de la charge que les aficionados lui avaient moralement confiée.

Toñete, que les aficionados français avaient découvert lors des Saltillo du début du printemps à Séville, s’est maintenant régalé avec de gros adversaires… mais à la cape, il fut très moyen. Son solo de début de printemps fut parfait. Longues courses autour de l’hôtel, moment de convivialité, mais on ne les a pas retrouvés à quelques jours du solstice. Mais avant de partir il nous offrira une grande  leçon sur la main gauche, des naturelles d’une profondeur inégalable, avec chaque fois la muleta du maître  s’il fallait intervenir.

Marcos, plutôt très bien à la cape, entame rapidement une faena volontariste et conquérante. Il se régale rapidement sur la main gauche. Son interprétation en intensité et en intérêt classe vite le novillero dans ceux que l’on trouvera rapidement dans la cabine d’avions.

Alejandro Adame faisait sa première novillada piquée. Après la victoire en août du concours de la Feria de Dax, on le croise avec la volonté de gagner qu’il affirme par une puerta gayola sur son toro. Toute sa faena fut prodigieusement intéressante, dessinée au millimètre avec souvent un petit ticket pour rappeler qu’il pouvait toréer avec profondeur et demeurer un gamin. Malheureusement il échoua à la mort, privant un groupe d’aficionados de lui interpréter la chanson d’Aguascalientes.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.