Pontonx sur l’Adour. 24 février. Quatre aspirants espagnols pour la finale de La Fragua.

Parti samedi matin à douze, il seront quatre a se disputer le titre de « La Fragua », meilleur novillero de ce concours organisé par le torero Juan Leal et ses amis, dont Maurice Berho.

Tout au long de la journée, ils ont affronté, par paire, douze vaches de l’éleveur portugais Calejo Pires, d’origine Nuñez del Cuvillo. Douze vaches, piquées par Gabin, toutes très agressives, revenant dans la cape et la muleta sans sollicitation, mais sans défauts majeurs. Il fallait les consentir, et avec un peu de métier, le reste se faisait tout naturellement. In fine, Raùl Montero (Salamanque), Jose Molina (Albacete), Pablo Paez (Séville) et Juan José Villa «Villita»  (Madrid) ont été retenu pour la finale du dimanche après-midi.

Raùl Montero, avec beaucoup de volonté à la cape sur la onzième vache, aura fait craquer le jury qui, le matin, l’avait vu dominer à la muleta, avec beaucoup de technique et de poder, une cinquième vache compliquée et par instants dangereuse. Le soir à la muleta il torea à la perfection.

Jose Molina, dont on n’oubliera pas les excellentes véroniques du matin, et le bonheur et l’élégance avec lesquels il toréa sur la gauche en suivant, demeure une valeur sûre de ce bolsin. Le soir, avec le drapelet rouge, on ne pouvait rien lui reprocher en se laissant entraîner par le rythme. Rien à lui reprocher. Seul tout petit grief, un toreo un peu froid et souvent solitaire qui oublie de monter sur les gradins.

Pablo Paez, le sévillan, doit encore imprimer ses origines sur ses outils. Mais l’efficacité est au rendez-vous. Le matin il a tôt fait de dominer sa vache de tienta et de s’imposer. Avec la muleta, il découvre rapidement une bonne mesure sur la gauche et fait durer ces moments importants. Il sera moins heureux le soir, mais il a auparavant imposé sa personnalité. C’est sur deux ou trois naturelles qu’il sera parvenu à convaincre le jury… il venait pourtant après une belle démonstration de l’arlésien Adam Samira.

Juan José Villa «Villita» est déjà un parfait technicien. Ses véroniques démontrent une excellent maîtrise de la cape et sur les deux mains, avec la muleta, c’est un grand jongleur. Il est aussi bien à droite qu’à gauche, et surtout laisse transpirer une aisance complète. Le soir il s’efforcera de convaincre le jury avec la senestre, et malgré quelques scories, on retiendra sa façon de peser sur son adversaire.

Les trois Français du concours, Adam Samira (Arles), Solal Calmet «Solalito» (Nîmes) et Yon Lamothe ont signé de bon moments. Après Arzacq, Yon Lamothe a retrouvé sa planta et toutes ses facultés.

En matinée il affirme une excellente maîtrise, à la muleta et sur les deux mains avec un extraordinaire temple.

«Solalito» sera le moins à l’aise, sûrement surpris par l’extrême mobilité du bétail.

Mais Adam Samira étonnera pas sa quiétude et sa volonté. Le matin il hérite d’un vache qui a déjà suivi une quarantaine de muletazos. Malgré cela, et une voltereta, il ne baisse jamais les bras et s’affirme en conquérant. Avec la dernière vache, dans une faena complète il surprend par sa classe sur la main gauche.

Les trois garçons ont dû passer fort près d’une qualification pour la finale.

Reseña et Photos : Jean-Michel Dussol.