Autlan de la Grana. 10 février. Sergio Flores reste le maître !

Autlan (Jalisco, Mexique). Arènes quasi combles, soleil, nuages et température agréable, deux heures trente de spectacle.

Six toros de Los Encinos, de 516 à 454 kilos, tous une pique gentillette, et nobles à la muleta, arrastre lent au deuxième.

  • Diego Silvetti (blanc et or), au premier, deux pinchazos, une demi-lame, un descabello, silence ; au quatrième, une entière, une oreille.
  • Sergio Flores (rose et or), au deuxième, un pinchazo, une entière et une oreille ; au cinquième, deux mete y saca, deux pinchazos, trois-quarts de lame et trois descabellos, silence.
  • Andrès Roca Rey (noir et or), au troisième, un pinchazo, une entière al encuentro, une oreille ; au dernier, une entière basse, un descabello, silence.

Autlan…au bout du Mexique, une dernière sierra pour atteindre le Pacifique et  sur le tendido sol des arènes, un étal animé des produits alimentaires, véritable tourbillon des couleurs les plus agressives. On mange d’abord, on s’intéresse aux toros ensuite. Enj ce deuxième jour de feria, Andrès Roca Rey est venu en voisin du Pérou pour donner une leçon aux Mexicains, mais si l’ancêtre Silveti ouvrait le paseo, Sergio Flores se présentait avec toute la fougue manifestée sept jours auparavant à Mexico face au Juli.

Sergio Flores apparut très vite comme le combattant parfait de cette course, brindant son premier toro au public, puis se lançant dans une tauromachie de lenteur, de rythme et de douceur. Aurait-il écrit un poème avec sa muleta qu’il n’aurait pas témoigné plus de préciosité… Abordant la seconde partie de la faena, il comprit qu’il avait l’opposant idéal et demanda que soit jouée  la composition « Viva Autlan »… Dès lors ce fut le délire sur les tendidos devant des ronds complets, des naturelles caressant le sable. Tout était parfait, et si ce ne fut un pinchazo avant une entière d’école, il serait reparti avec deux oreilles, derrière l’arrastre lent accordé au toro. Sergio Flores signait un grand moment de tauromachie.

De son second toro on retiendra la violence et l’agressivité avant d’arriver un peu soso à la muleta. Flores en travaillant exclusivement au centre de la piste tenta de le mettre en valeur sans y parvenir complètement.

Diego Silveti fut étonnant de simplicité et de temple dans d’extraordinaires véroniques. Le début de la faena fut de la même veine, mais son manque de volonté réelle n’aida en rien pour le faire triompher. Pour sa seconde sortie, il fut indolent à la cape, se rachetant toutefois dans les quites. Il signera au centre une longue série de derechazos mais ne prendra jamais la gauche. Par contre on retiendra son coup d’épée qui, à lui seul, vaut l’oreille qui le récompense.

Andrés Roca Rey n’aurait pas regretté un triomphe à Autlan, mais la volonté n’y était pas. Certes furent admirables les véroniques et chicuelinas qu’il servit à ses deux toros. Avec le premier il composa une faena facile qui ne monta pas sur les tendidos et il obtint une oreille par la bienveillance du président. Avec le dernier, il multiplia les passes faciles, força le trait sans rien prouver, réussissant toute fois une intéressante série droitière au centre de la piste avant de tuer d’une vilaine épée très basse. Manifestement Roca Rey n’avait pas une grande envie. Peu importe, la fête se poursuivit sans lui dans Autlan noyé de musique.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.