Nîmes. Compte-rendu de l’AG de la Peña Sébastien Castella.

Madame La Présidente, Mireille Polo, introduisit Patrick Colleoni qui allait être le Monsieur Loyal de ce dîner-débat.

Il se présenta comme le créateur du site internet www.torobravo.fr . Electron libre, indépendant des différentes sphères du monde taurin « il ne veut pas être lisse mais franc », ni complaisant, ni destructeur, vrai.

Il commença par un hommage au regretté « Monsieur » Victorino Martin, grand éleveur qui, nous le savons tous, aura marqué le monde de l’élevage depuis plus d’un demi-siècle.

Hommage ensuite à Ivan Fandiño, bien sûr. Il rappela son parcours, comment cet homme, parti de rien, arriva aux sommets de la tauromachie.

Paco en quelques mots nous informa que la saison 2017 fut une année avec moins de corridas, mais surtout moins de novilladas. La temporada 2017 fut globalement sans grand éclat.

C’est par l’évocation de la temporada de Mehdi Savalli que débuta cette soirée-débat, évoquée en présence du torero arlésien : à son actif 2 corridas à Arles et Béziers et un festival aux Saintes Maries de la Mer, le tout après une intense préparation physique à Madrid. Mehdi a été déçu par la corrida de Béziers à cause d’un bétail défaillant. Lors du Festival des Saintes Maries, Mehdi a coupé une queue après avoir toréé dans des conditions météo dantesques.

Mehdi prit la parole et nous informa qu’aujourd’hui sa vie était compliquée. Malgré ses bonnes performances, il n’a récolté aucune reconnaissance. Entouré par Marcou Romero qui s’occupe de lui à titre bénévole, il n’a, à ce jour, aucun contrat pour cette nouvelle saison. Mehdi déplora que les empresas françaises ne défendaient pas et ne promotionnaient pas davantage « nos hommes de lumières » : que de promesses non tenues ! Sans oublier bien sûr, tous nos éleveurs nationaux. Situation incompréhensible.

Vient le tour de Tino Lopes qui expliqua rapidement son départ de l’Ecole Taurine d’Arles pour créer l’école taurine « Rhône Aficion » dont il s’occupe. Il précisa que malheureusement il n’avait pas d’argent pour cette école mais que ses proches amis lui fournissaient toujours l’aide nécessaire. Il insista sur le fait que beaucoup de ganaderos lui ouvraient leurs portes et mettaient à sa disposition leurs installations et leur bétail. Sans eux l’école ne pourrait pas survivre. A ce jour il a 8 élèves auxquels il essaye de transmettre son expérience de Torero, les valeurs humaines, la technique, avec un langage de « vérité », en évitant tous les faux qualificatifs et les flatteries inutiles . Il nous informa que la survie des écoles et de la tauromachie ne dépendrait que de « Nous »,  public, en étant présent sur les gradins partout en France.

Un de ses élèves, Tristan Espigue, était présent à ses côtés. A son tour il se présenta. Ayant atteint les 16 ans, il pourra débuter officiellement en novillada non piquée. Ce sera le 25 mars à Fourques. Nous pouvions lire dans ses yeux souriants et espiègles beaucoup d’enthousiasme et d’espoir. Nous espérons tous le voir dans nos villes et villages du Sud-Est et du Sud Ouest… Suerte Tristan !

La parole fut donnée à Jean-Luc Couturier, Ganadero reconnu. Il nous expliqua comment il était passé du monde de la boulangerie à celui de la tauromachie qu’il ne connaissait pas, puis à celui de l’élevage. Un milieu qu’il découvrit le 10 mai 1981 chez un autre éleveur, Loulou Tardieu, qui l’emmena voir une corrida à Nîmes où se produisait Paco Ojeda. Ça a été une révélation, telle la Vierge Marie pour Bernadette Soubirou à Lourdes! La Saga Couturier allait commencer. Jean-Luc, d’anecdotes en anecdotes, égraina quelques pages de sa vie, entre les toros du Curé de Valverde et les Concha y Sierra, toutes dignes d’un roman, avec humour et passion. Ce fut un vrai show. « Stand Up », merci d’avoir ajouté quelques sourires dans ce monde taurin qui en a bien besoin. pour information, Jean-Luc Couturier proposera 3 lots de toros en 2018.

Mehdi Savalli reprend la parole pour remercier publiquement monsieur Couturier pour sa générosité et toute l’aide qu’il lui apporte pour sa préparation, sans oublier les pains au chocolat qu’il lui portait lors des entrainements à l’Ecole Taurine d’Arles !!

Puis ce fut le tour de Louis, monosabio de la cavalerie Bonijol, qui porta à notre attention la crise du « bénévolat » dans sa branche : on voudrait leur imposer d’être payé ! Encore une atteinte à la liberté de chacun… affaire à suivre. Il répondit à diverses questions de l’assistance, au sujet du dressage des chevaux, des piques « Made in Bonijol », de l’utilisation des juments dans le ruedo… Merci Louis pour toutes ces infos.

A noter les questions pertinentes de Christian Sieuzac, de la revue Toros, aux différents intervenants. 

Paco reprit la parole pour évoquer la temporada de Sébastien Castella : moins de contrats pour une année en demi-teinte, ceci étant dû à la défaillance aux aciers : beaucoup d’oreilles perdues, hélas pour nous. Il évoqua une tauromachie « sans surprises ». Il conclut en reconnaissant qu’il n’est pas facile de rester en haut de l’affiche. 

Au final, la présidente de la Peña, Mireille, remit un trophée à Jean-Luc Couturier, une magnifique statue en forme de tête de toro. Assistée de la discrète Jade, elle remit ensuite une statue représentant un Torero à Mehdi Savalli. 

La soirée se termina sous les applaudissements, Mireille remercia tous les présents et intervenants à cette « Soirée Sebastien Castella »; Il semblerait qu’elle prépare une sortie co-voiturage à Aignan le dimanche de Pâques avec un bétail de Jean Luc Couturier… Affaire à suivre, surveillez vos mails.. A bientôt dans les Ruedos. 

Compte-rendu : Pierre Diratchette « Peiolé ». Photos : Christian Nabot.