Notes de lecture, par Jacques Lanfranchi. Richard Milian, l’honneur d’être torero.

« Quand tu t’appelles , Richard, on ajoute toujours Cœur de Lion, ça fait anglais, et Milian ça sonne arménien, tu comprends que c’est pas obligatoirement la bonne carte de visite pour un torero ! » , c‘est à peu près, le langage que m’a tenu le Maestro, il y a quelques années.

La première page d’un grand album (de famille). Un cœur énorme dans une forêt de cornes, pendant 20 ans, avec des essences particulières : Guardiola, Rocio de la Camara, Hubert Yonnet, Cobaleda… En parlant de bois, d’autres du même tonneau, que sont : Fraile, Albaserrada, Escolar Gil, Victorino Martin, voire plus exotiques.

C’est aussi le Zapato de Oro (Arnedo) pour un français et la première oreille coupée à Madrid par un matador de France (confirmation d’alternative) (1), la grande aventure avec les Miura (26 paseos), et ses frères d’armes : Ruiz Miguel, Christian, Victor Mendes, El Fundi, Campuzano, El Zotoluco, Meca, Denis Loré,  Rui Bento Vasques (liste de guerriers non exhaustive).

Dans un inventaire à la Prévert : les trois costumes rouges de Béziers, la course d’Arles avec El Fundi et Roberto Fernandez El Quitos pour une porta gayola terrorifique, un quiebro osé dans les planches, un 15 août, qui fit pleurer Papa Ricardo à Béziers, perché sur la pointe des pieds, pour repérer le morillo (avant d’estoquer) d’un bison, en fin d’après midi estivale à Ceret, le dernier rendez vous manqué avec les pensionnaires de Zahariche dans les arènes du plateau de Valras, pour blessure la veille à Dax (Cebada Gago ?).

Deux décades plus tard à Floirac (2) le Niño de San Cyprien se retire, sans « couper la coleta ».

Le journaliste et ami Jean Michel Dussol, ancien revistero de la presse quotidienne régionale (PQR) par sa plume et ses talents de «maïeuticien d’âme» nous restitue la saga taurine. Bien sûr on connaît la volonté, le courage et l’humilité du Torero, mais on découvre la fierté, la lucidité, la fraîcheur et la philosophie de l’autodidacte. Les témoignages de la cuadrilla, de la famille, des amis viennent étayer cette image moins connue.

Il y a quelques années, j’étais vice-président d’un club taurin arlésien, nous recevions Richard qui avait «flashé» sur un petit carreton en fer forgé, exposé au siège. J’avais négocié avec le président de l’époque, un peu réticent, ce modeste cadeau. Aujourd’hui, il fait office de symbole. Vingt ans devant pour parfaire la technique et déjà une décennie derrière pour transmettre aux élèves de l’école Adour Aficion.

Abrazo au duo.

Faena profonde avec de l’émotion

Richard Milian – L’honneur d’être torero (12×18) 217 pages de Jean-Michel Dussol. Editions Gascogne 2017

Samedi 6 janvier 2018
Jacques Lanfranchi « El Kallista »

Photo 1 : DR.
Photo 2  : Passe por collera avec Stéphane Fernandez Meca – toro de Patrick Laugier – Arles 17/10/2004. Picador Toni Morales – Festival Cyril Colombeau.
Photo 3 : Eric Depecker.

  1. le 24/7/1988 Juan Antonio Espla, Luis Reina, Toro Impostor de Martinez Uranga
  2. Floirac : 213ème paseo le 14/10/2001- Toros de Javier Perez Tabernero. Au paseo : Stéphane Fernandez Meca, Denis Loré et Richard qui gagne le Cep d’Or.