Lunel. 16 novembre. Belle soirée hommage à Manolete.

La salle Castel de Lunel affichait hier soir un quasi « No hay billetes » pour la soirée consacrée à Manolete.

La vie du quatrième calife de Cordoue, dont on fêtait cette année le 100ème anniversaire de la naissance, mais aussi hélas le 70ème anniversaire de la mort à Linares, a été le fil conducteur de cette soirée, avec tout d’abord la projection du film « Manolete, le monstre de Cordoue » du réalisateur mexicain Emilio Maillé, puis une conversation entre le journaliste et écrivain Jacques Durand, auteur notamment des commentaires du film et Anne Plantagenet, romancière et auteur du livre « Manolete, le calife foudroyé« , discussion animée par Daniel Saint-Lary (Arte y Toro).

Remarquable documentaire sur la vie (et surtout les deux dernières années) de ce matador d’exception, Manuel Rodriguez Sanchez dit « Manolete », dont le costume de torero aura bridé la vie de l’homme qui l’endossa et dont seule la mort de défit.

Mais les mythes reposent souvent sur une existence éphémère, si riche mais si courte (Joselito mort à 25 ans James Dean mort à 24 ans, Marilyn Monroe morte à 36 ans, Gérard Philipe mort à 37 ans, et tant d’autres). Tout dans la vie de Manolete se conjuguait pour le mener à son destin tragique, la mort venant le cueillir quand le torero allait laisser place à l’homme.

Jacques Durand apporta son éclairage personnel, tout comme Anne Plantagenet dans un registre peut-être plus académique mais semble-t-il moins aficionado mais toujours avec le regard pointu de celle qui a réalisé un travail méticuleux de reconstitution de la vie du « monstre de Cordoue ».

Bel hommage au torero disparu  et une soirée qui sembla bien courte tant la matière était dense et les approches nombreuses.

Comme de coutume, les discussions se poursuivirent autour du verre de l’amitié.

Le film « Manolete, le monstre de Cordoue ».

1997. 52 mn. Un film de Emilio Maillé. Textes de Jacques Durand.

Le 28 août 1947 à Linarès, Andalousie. Islero, toro de Miura, plante ses cornes dans le bas-ventre de Manuel Rodriguez « Manolete » et plonge l’Espagne et le monde de la corrida dans la stupeur et le deuil. Manolete, le « monstre de Cordoue », comme on le surnomme avec une religieuse admiration, n’était pas seulement le plus grand matador de l’époque et le plus connu dans le siècle. Il était aussi le symbole et le reflet de l’Espagne de l’après-guerre civile. Il était surtout un homme égaré dans son mythe. En faisant le récit de ses deux dernières années à travers images d’archives, reportages, interviews et quelques documents exceptionnels comme l’enregistrement de sa voix, ce film s’attache à nous faire découvrir la personnalité de Manolete, à fouiller sa légende, à exhumer les ressorts de sa tragédie.