Nîmes. 17 septembre (matin). Puerta Grande pour Mendoza et Ginés Marin.

Demi-arène seulement sous un temps nuageux et une brise fraîche.

 

Pablo Hermoso de Mendoza était opposé à deux exemplaires de Sanchez y Sanchez. Le meilleur des deux fut le second que le cavalier applaudit à plusieurs reprises et qui fut honoré à l’arrastre par le conclave. Le Navarrais lui coupa deux oreilles qui furent chaleureusement fêtées par l’assistance toute acquise aux prouesses du cavalier. Ce quatrième toro de la course fut reçu par Barrabas pour deux castigos. Il portait le N° 110 et répondait au nom de « Ranito ». C’est avec un Berlin en grande forme qu’il entama la faena avec deux bâtons posés de face, puis vint le tour de Donatelli qui fut l’auteur de deux bons bâtons également et de pirouettes bien ajustées. Il clôtura sa faena avec Ignorado, un tout nouveau cheval qui n’a que trois corridas sous la selle de Pablo. Ce dernier gris pommelé, en parfaite évolution, signe à Nîmes sa meilleure prestation. On lui doit 3 courtes bien groupées avec beaucoup d’expression ainsi qu’une paire de courtes à deux mains (il effectuait cette dernière suerte pour la première fois). Un mete y saca jugé douteux par certains car un peu trasero s’avera efficace car habilement puntillé (voir note). Deux oreilles lui permirent de sortir à hombros par la Porte des Cuadrillas en compagnie de Gines Marin.

Le premier Sanchez y Sanchez avait été plus compliqué dès la salida malgré une noblesse évidente. Ce n° 92 portant le nom de « Zapatero », affichant 540 kg, décrochait souvent ayant du mal à se fixer. Il fallu tout le talent du Maestro pour l’intéresser. C’est grâce à Januca (2 banderilles) qu’il modifia le comportement de l’animal. Disparate (2 banderilles) entra en piste et ce fut un festival de déplacements latéraux en tous genres, Hermosina et contre changements de mains dans les tablas. Enfin Nevado pour 3 courtes et faena du telefono au centre du ruedo. Un rejonazo un peu trop perpendiculaire nécessita 2 descabellos. Le public un peu froid en cette fraîche matinée ne sortit pas les mains des poches.

Si je peux me permettre une petite remarque, elle s’adresse au train d’arrastre qui fut en charge d’effectuer une vuelta posthume au second toro de Mendoza. Ce type de vuelta doit se faire au pas pour permettre au public de rendre hommage avec solennité au toro en question. Il est dommage que celle-ci se soit déroulée de manière brouillonne et précipitée. Le même incident s’étant passé la veille avec les mules dans les mêmes circonstances, je m’autorise à le souligner. Nul doute que l’empresa de caballos mettra la saison hivernale à profit pour régler le problème.

Juan Bautista envoie rapidement son premier adversaire au cheval pour deux piques. Son Victoriano del Rio ne fait que faire tinter les étriers au premier assaut, le deuxième étant seulement pour la forme. Quite discret de Ginés Marìn. Le tercio de banderilles est rendu compliqué car le toro est statique. Brindis à Pablo Hermoso de Mendoza avant une entame droitière qui lance prématurément la musique. Sur le côté gauche, le travail est plus accroché. L’arlésien revient alors sur la droite pour une série de derechazos de belle facture. Il repasse ensuite à gauche pour quelques naturelles et finit sa faena muleta en main droite à la barrière. Il tente de coucher son cornu a recibir mais la demi-épée ne suffira pas et nécessitera un descabello. Une oreille.

Le cinquième de la matinée est un chorreado, tardo au capote qui s’allume sous les deux piques d’Alberto Sandoval qui, au deuxième assaut, le manque et se rattrape in extremis grâce à la puya. Quite de Ginés Marìn et brindis au public. Dès les premières passes de muleta à droite, la musique est lancée. Sur la corne gauche, l’animal est plus retors. Belle série de naturelles maîtrisées et quelques circulaires. Après un desplante sans muleta et le premier avis, il pinche son recibir et après deux autres assauts loge un bajonazo long d’effet. Deuxième avis, descabello. L’arrastre est applaudi et le diestra fait une vuelta.

Le premier de Ginés Marin est un bicho qui n’a rien pour lui tellement il est moche : brocho, bisco à souhait. Le maestro l’embarque tranquillement au centre puis l’envoie à deux reprises se faire mal piquer dans le dos. Joli quite fleuri de Jean-Baptiste par gaoneras et revolera. Après brindis à Simon Casas il débute muleta main droite mais le toro se raballe déjà, ce qui n’empêche pas, curieusement, le lancement de la musique. Le travail à gauche est plus brouillon. Le natif de Jerez de la Frontera revient sur la droite et en termine par des bernadinas et une entière hémorragique. Deux oreilles en solde.

Après un épisode quelconque au capote, Ginés Marin envoie le dernier de la matinée pour deux piques sans grande conviction. Brindis au public et entame par une statuaire et une courte série droitière qui révèle la grande faiblesse du cornu. Ginés Marin tente quelques naturelles qui lancent la musique mais qui ne connectent pas avec les étagères. Le retour sur le côté droit ne cachera pas le manque de transmission et l’ennui général. Trois pinchazos et un descabello sur l’avis clôtureront cette matinée dans le silence.

  • Pablo Hermoso de Mendoza : palmas et deux oreilles.
  • Juan Bautista : oreille et vuelta.
  • Ginés Marin : deux oreilles et silence.

 

Note (de Paco) : un des peones de Mendoza mit le pied masqué par le capote sur la queue du second toro tandis que son collègue tentait de le puntiller. L’animal ne put re relever malgré ses tentatives. Un peu de respect messieurs !!!

Reseñas : Christophe Dumond et Freddy Porte (rejon). Photos : Paco.
Diaporama : Martine Clément.