Nîmes. 16 septembre (matin). Alternative d’Andy Younes.

Le novillero arlésien Andy Younes est devenu le 64ème matador français de l’histoire des mains d’un autre arlésien, Juan Bautista, venu en remplacement d’Antonio Ferrera blessé, lequel était s’était déjà substitué à José Maria Manzanares contraint d’interrompre sa temporada.

Alternative réussie pour Andy, même si le manque de jugement du palco le fit sortir par la Porte des Consuls en lui accordant trop généreusement les deux oreilles de son second adversaire alors qu’il n’en méritait qu’une, une décision qui fut accueillie par de nombreux sifflets.

Côté bétail, la corrida initialement prévue avec des Nuñez del Cuvillo fut, on ne sait pourquoi, un panaché de trois fers : Nuñez del Cuvillo (1°, 3°, 4° et 6°) , Victoriano del Rio (2°), et Garcigrande (5°).

C’est donc avec « Gavilan » de Nuñez del Cuvillo qu’Andy Younes franchit le pas et passa dans la catégorie supérieure.

Un bicho que le garçon accueillit par bonnes véroniques et revolera avant de le faire piquer légèrement, poursuivant par un quite par cordobinas et revolera. Après la cérémonie d’investiture, le néo-matador s’en fut brinder sa première faena de matador à ses parents. Débutée main basse sur la corne droite, la faena s’étoffa grâce aux belles qualités de noblesse d’un Cuvillo qui ne refusa rien au jeune homme, à droite surtout où il joua le jeu à fond, la corne gauche s’avérant plus accrocheuse, d’où quelques naturelles un peu électriques. Finissant par du toreo circulaire, à l’endroit et à l’envers, la première faena de l’arlésien fut primée d’une oreille de circonstance après manoletinas finales et une quasi-entière en place après pinchazo. A noter qu’une voltereta sans conséquences vint sanctionner un moment d’inattention.

Quatre toros plus tard, Andy reprenait la main pour affronter son second adversaire. RAS au capote, puis deux piques traseras et pompées suivies par un quite de Juan Bautista par chicuelinas et demie. Débutée par deux cambios por la espalda au centre, la seconde faena de l’arlésien fut un peu à l’image de la première avec des séries sur les deux mains un peu rapides et une construction manquant peut-être un peu d’imagination. Un ensemble de correcte facture conclu par une trois-quarts delantera et tendida avec petit accrochage à la clé. Deux oreilles généreuses. Un pavillon eut été plus raisonnable et certainement mieux accueilli.

Juan Bautista, on se répète, est dans la meilleure période de sa carrière. Détendu, sûr de lui et d’un métier affirmé, il surfe sur la vague en donnant une impression de facilité, ce qui est la marque des grands toreros, la « difficile facilité ». Ainsi, après avoir passé son tour pour donner l’alternative à son « paisano », il esquissa quelques capotazos pour accueillir son premier adversaire qu’il fit piquer légèrement à deux reprises. Il se lança ensuite dans une première faena ambidextre de bon niveau où il maîtrisa à la perfection les embestidas d’un Victoriano qui s’avéra de bonne charge sur la corne droite et plus court sur le côté opposé. Grande estocade après final encimista. Oreille.

Il mena joliment le quinto au centre par chicuelinas al paso, l’y fixant par une revolera puis le mena tout aussi élégamment vers le cheval pour deux rations de fer de moyenne intensité. A la demande du public, il posa lui même les banderilles, débutant par un cuarteo, puis ratant un peu son quiebro pour se resaisir ensuite avec une pose al violin. Débutée par passes hautes de rodillas, la faena alterna les deux cornes, Juan Bautista se laissant aller au gré de son imagination, citant parfois avec la pointe de sa muleta, intercalant un farol par ci, un desprecio par là. Final par luquecinas, puis après un desplante, une estocade a recibir qui fit apparaître deux mouchoirs blancs au palco, synonymes de l’ouverture (une nouvelle fois) de la Porte des Consuls.

Alejandro Talavante ne voulut pas voir son manso premier qui sortit seul par deux fois du cheval et qui afficha d’entrée quelques complications. Après une séance de macheteo, il prit l’épée pour expédier le Cuvillo. Six assauts furent nécessaires pour laisser une entière en su sitio. Bronca.

Le cinquième, après quelques véroniques et demie de réception, essaya de faire sauter la pique lors de sa rencontre avec la cavalerie. Quite d’Andy par saltilleras et revolera avant une courte faena où l’extremeño fut désarmé d’entrée de jeu, le bicho jouant des cornes et cognant dans l’étoffe. Palmas après une lame trasera et tendida plus habile que sincère.

La Porte des Consuls s’ouvrit pour les deux français. La suite reste à écrire pour Andy…

Reseña et photos : Paco.