Nîmes. 16 septembre (tarde). Heureusement Enrique PONCE !

3ème spectacle des Vendanges nîmoises, sous quelques passages nuageux. Enrique PONCE et Sébastien CASTELLA, devant 3/4 d’arènes, reçoivent une ovation à la fin du paseo. Pour arbitrer ce mano a mano, 6 toros de ganaderias différentes, enfin presque puisque tous de la nébuleuse encaste Domecq.

Le 1e de la soirée est un gros boeuf noir capacho de la ganaderia Vellosino. Au capote Enrique PONCE n’est pas très à l’aise et envoie rapidement son adversaire pour deux picotazos. Quite de CASTELLA par gaoneras puis brindis au public. Enrique PONCE entame sa faena main droite à mi-hauteur très lentement pour parer à la faiblesse de son cornu. Même histoire à gauche avec encore plus de prudence. Retour côté droit. Musique, le maestro enroule joliment le toro sans forcer. Un avis avant un pinchazo puis une entière trasera.  Oreille gentille.

Enrique PONCE hérite en 3ème position d’un Nuñez del Cuvillo un peu plus cornu que ses confrères, qu’il amène de belle façon au centre avant deux piques sur le voyage. Le bicho a plus de punch et Enrique PONCE débute muleta à droite, genou ployé. Déjà la musique est lancée. Il dessine quelques jolis derechazos. Après un passage rapide à gauche, il revient sur la corne droite pour des poncinas. Il en termine par une entière caida longuette d’effet. 1 avis. Les 2 oreilles tombent du palco ainsi que le mouchoir bleu synonyme de vuelta al ruedo pour le toro, soyons fous !

Le 5ème est un Parladé de 540 kg, qu’il accueille un genou à terre pour ensuite l’accompagner vers le centre avant deux piques mal administrées au milieu du dos. La corne gauche s’abîme dans le peto. Le cornu s’avère être d’une grande faiblesse, le planter de banderilles est très laborieux. PONCE réalise alors une faena pour toro handicapé, essentiellement droitière. Il liquide l’animal d’une épée aux 3/4 longue d’effet. 1 avis et arrastre sifflé copieusement. Enrique PONCE coupe alors la coleta de son banderillero Antonio PUCHOL.

Le 2ème de la course est un quelconque Victoriano del Rio castaño que Sébastien CASTELLA n’arrive pas à cadrer au capote. Deux piques et quite par chicuelinas. Il commence sa faena par statuaires mais son adversaire s’avère très vite tardo, rendant l’ensemble de l’exercice soporifique. Les premiers « Casas, des toros! » commencent à fuser dans le public. Le bitterois en finit après trois pinchazos. Arrastre sifflé et silence pour le diestro.

Le 4e est le seul vrai toro de présentation de l’après-midi. Ce Fuente Ymbro a une belle armure. Deux piques. A noter une belle paire de banderilles de Raphaël Viotti. CASTELLA brinde ensuite son toro au maestro de Chiva et attaque sa faena sur la droite. Mais le pupille de Ricardo Gallardo marque déjà le pas et s’avère plus compliqué à gauche. Le français revient sur la droite pour ses traditionnels redondos. Un avis, un pinchazo, 1/2 lame et un descabello. Vuelta.

Le dernier de la soirée est un Toro de Cortes meano bragado, brocho de catégorie, d’une laideur imprésentable dans une arène de 1ère catégorie comme Nîmes. Il prend deux piques rapides, sur la deuxième le piquero cabusse sans gravité en pivotant sur sa pique. Quite d’Enrique PONCE. Le bitterois volontaire, désireux de se rattraper, brinde son toro au public. Dès son entame sur la corne droite, la musique est jouée. Le Cortes a un peu plus de charge et permet à Sébastien CASTELLA de le faire venir de loin. Toutefois il se fait désarmer par excès de confiance. En main gauche il réalise une série plus accrochée qui l’incite à revenir plus rapidement à droite pour des tourniquets ++. CASTELLA est un maestro au répertoire corto manquant de variété. Un avis, un pinchazo, une entière, 2ème avis, 4 descabellos. Il perd tout trophée, silence.

Enrique PONCE quitte l’amphithéâtre nîmois a hombros par la Porte des Consuls. Jérémy BANTI, sobresaliente, n’a pas eu à intervenir. CASTELLA peut nourrir des regrets sur son maniement des aciers. PONCE sauve la course d’un fracaso ganadero.

Reseña : Christophe Dumond. Photos : Paco.