Dax. 10 septembre (matin). Deux oreilles pour Colombo.

Décalée de trois-quart d’heure pour remettre la piste en état après les pluies de la nuit, la novillada matinale de Toros y Salsa a vu le triomphe de Jésus Enrique Colombo qui a coupé les deux oreilles de son second novillo de José Cruz.

Le premier utrero de la tarde, noble mais juste de forces, a rencontré un Colombo facile au capote puis excellent aux banderilles. Muleta en mains, le garçon composa une première faena droitière de correcte facture dont se détachèrent les tandas en redondo. A gauche la charge n’était pas claire et le bicho s’éteint progressivement après le changement de main. Salut après quelques difficultés avec la rapière. Face au quatrième, le niveau monta. Bien à la réception par véroniques, le jeune vénézuélien fut à nouveau à son avantage au second tiers avant de composer une bonne faena templée qu’il rémata par des luquecinas. Une grande estocade cette fois fit apparaître deux mouchoirs au palco tandis que le novillo quittait la piste sous l’ovation des tendidos. A noter un bon quite de Carretero par tafalleras et cordobinas.

Le second José Cruz souffrait d’une surcharge pondérale qui pénalisa ses forces. Noble mais soso, il obligea Diego Carretero à jouer sa partition dans les terrains de proximité, une partition d’inégale intensité car le novillero ne sut trouver ni la bonne distance, ni le bon rythme. Silence après un final compliqué avec l’acier. Il tenta de se rattraper en accueillant le quinto par largas de rodillas risquées près des planches, se faisant désarmer sur la première. Après un prestation discrète face au cheval, quite de Tibo Garcia par chicuelinas serrées et revolera. Hélas par la suite Carretero ne sut trouver vraiment l’accord avec son opposant et sa faena fut un peu décousue. La bonne estocade qui conclut son trasteo lui fit cependant glaner un trophée.

Tibo Garcia remplaçait Adrien Salenc blessé à Calasparra. Il tomba lui aussi sur un premier novillo intéressant, noble mais juste de forces. Après un bon quite par caleserinas et revolera, le nîmois signa une première faena majoritairement droitière, l’utrero chargeant avec plus de classe sur la corne droite. On en retiendra notamment de très beaux changements de main et des pechos superbement toréés. Une bonne estocade après un pinchazo fit tomber la première oreille de cette matinale. Noble mais soso, court de charge, le dernier utrero n’offrait guère d’options. Après un trasteo sans éclat, Tibo connut des difficultés avec la rapière en sept assauts et se retira en silence.

(Photo : Roland Costedoat)