Rion des Landes. 20 août (matin). Triomphe de Dorian Canton et de Yon Lamothe.

Toute petite demi-arène, soleil et fraîcheur à l’ombre, Deux heures vingt de spectacle.

Trois erales du Camino de Santiago, bien présentés, vifs et agressifs. Parfois un peu faibles, toréables à la muleta.

  • Dylan Rimbaud (noir et or), au premier, un quart de lame, cinq descabellos, silence.
  • Dorian Canton (rouge et or), au deuxième, une entière, deux oreilles.
  • Yon Lamothe (blanc et or), au troisième, une entière, deux oreilles.

 

La première novillada sans picadors de la journée de Rion-des-Landes n’a fait que confirmer l’échelle des valeurs dans la novilleria actuelle. Face à trois Camino de Santiago, Dylan Raimbaud  a montré ses limites, Dorian Canton sa parfaite maîtrise de la chose, mais peut-être aussi une trop grande facilité. Enfin Yon Lamothe a découvert de nouvelles facettes de son corps de torero, totalement en accord avec la tauromachie. Le soir, le rendez-vous se poursuivait avec un encierro d’erales de Valdefresno.

Dylan Rimbaud, que l’on avait vu en début de temporada à Bougue, souvent en difficulté, n’a guère progressé. Il lui reste beaucoup à apprendre, surtout dans la connaissance du toro. Certes, il fera preuve de douceur et de lenteur face à son premier adversaire et tentera de faire oublier sa faiblesse. Il y a quelques bonnes passes à gauche, mais l’ensemble souffre de manque de cohérence et de maîtrise quand surgit une difficulté.

Dorian Canton, face à un novillo qui est sorti comme une bombe et s’est jeté sur tout ce qu’il voyait, a la désagréable surprise de se faire violemment bousculer à la fin d’un capotazo. Il n’en voudra pas au novillo qu’il saura mettre en valeur avec une muleta haute et des passes sans le moindre recorte. Il signe une très grand série sur la main droite avec un temple parfait. Puis il se lancera dans une série de ronds complets sur la main gauche, le tout réalisé à mi-hauteur pour économiser l’adversaire. Le coup d’épée est magnifique et sans appel. Dorian a, une nouvelle fois, séduit. A lui de bien analyser et honnêtement ses derniers triomphes.

Yon Lamothe, parfait à la cape avec des sorties vers le haut pour économiser le Camino de Santiago, a tout compris de la stratégie. Au cœur de tous ces capotazos, une véronique de rêve. Puis le garçon, ressortant les recettes infaillibles, tente de citer de loin, de très loin. Mais il devra raccourcir et revenir à plus de  réalité. Selon son habitude, il décompose ses passes et prend son temps. Le poignet a toujours autant de magie, le corps est relâché, les figures s’enchaînent pour une histoire d’harmonie et de beauté. Ici aussi le coup d’épée est surprenant, efficace, à côté de la pureté du geste. Yon a conquis pour la première fois le public de Rion.

Dorian et Yon signent un nouveau triomphe pour l’école Adour Aficion de leur maître Richard Milian.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.