Mimizan. 19 août. Triomphe et pluie d’oreilles avec l’élégance séduisante de Tomas Campos.

Bon remplissage des arènes, temps ensoleillé sous un vent frais, trois heures… oui, de spectacle, pour une grande fête taurine.

Six toros de Loreto Charro Santos, bien présentés, certains très armés comme le troisième et le quatrième. Très mobliles, tous une pique à l’exception du dernier, deux châtiments. Des rencontres souvent sévères avec le cheval et toujours une belle bravoure. Parfaitement toréables à la muleta.

  • Juan José Padilla (noir et or), au premier, une entière, un descabello, une oreille ; au quatrième, deux entières, avis, une oreille.
  • Manuel Escribano (vert foncé et or) au deuxième, une entière, avis, une oreille ; au cinquième, une entière, une oreille.
  • Tomás Campos (blanc et or), au troisième, une entière, deux descabellos, une oreille ; au dernier, trois-quarts de lame, avis, deux oreilles.

Trois avis, six vueltas, un arrosage de piste, voilà qui peut expliquer la très longue durée de la corrida de Mimizan. Mais une réussite populaire, la vraie corrida des fêtes où toreros et public se font plaisir et partagent un même bonheur. Une présidence qui a joué le jeu de cette fête sans trop se faire prier et un Tomas Campos au sommet d’un art de l’élégance et de la simplicité dans tous ses gestes. Voici les grands points de la course de Mimizan où l’océan pourrait lécher l’arène.

Juan José Padilla, lance la course par quelques belles véroniques et une grande demie. Il brinde au public et l’ovation commence. Mais tauromachiquement le «pirate» de Jerez se la joue plutôt facile. Il ne forcera jamais son talent et prend la gauche par obligation. Seule sincérité, sa mise à mort. Il a partagé les banderilles avec Escribano, un bon moment d’alegria.Un peu plus présent lorsqu’il revient, Padilla met le feu avec les bâtonnets. Il commence sa faena assis sur l’estribo et sert quelques intéressantes passes de châtiment. Le baroque Padilla sera très sérieux au cours de ce combat… Deux vueltas au cours desquelles il semble gêné par le drapeau de pirate que ne manquent pas de lui offrir quelques jeunes aficionados. L’image semble de plus en plus difficile à porter.

Manuel Escribano, toujours très complet, classique aussi, est un parfait capeador, sans imagination peut-être, mais ce qu’il dessine est parfait. Il nous régale de trois immenses véroniques. Sans en avoir l’air, il ouvre prudemment ce que l’on croit être une petite série sur la droite, elle va devenir un immense moment avec une muleta qui frôle le sable, et soudainement il jaillit à gauche. Toujours très appliqué, il se fait régulièrement applaudir, surtout lorsqu’il apparaît comme un dompteur dans les pechos. Il revient avec une histoire qui ressemble à la précédente, avec beaucoup de lenteur et de profondeur dans ses passes… Malheureusement il finira brouillon et chiffonnera les derniers moments.

Tomás Campos, a rapidement subjugué l’arène de Mimizan par la grâce et l’élégance de ses passes. Il nous plonge rapidement dans une autre dimension. Il a parfaitement compris ce que c’est que toréer et profite des facilités que lui offre «Preferido». A la cape il nous avait dessiné deux grandes véroniques et il recommence avec son second adversaire, alliant l’efficacité à une certaine rapidité. Il retrouve rapidement cette muleta ensorceleuse qui lui permet un temple parfait avec beaucoup de lenteur. Dans les dernières figures, Tomás Campos semble avoir abordé une autre dimension.. Par instants le temps s’arrête. Hier à Mimizan on a revu un très grand torero. Un seul souhait, que les empresas lui fassent confiance.

Mais hier ce furent les triomphes de trois toreros et du mayoral de Loreto Charro. Son lot était parfait pour cette journée.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.