Dax. 15 août (tarde). Un dernier triomphe pour Ginés Marin.

Cinquième et dernière corrida de feria, arènes combles, temps couvert, température agréable, deux heures quinze de spectacle.

Six toros de El Ventorillo, de 585 à 480 kilos, bien présentés et souvent redoutablement armés. Tous deux piques, parfois sérieuses, prises avec un belle bravoure. A la muleta parfois compliqués pour trouver la distance.

  • David Galvan (vert et or), au premier, une entière, salut ; au quatrième, un pinchazo, une entière, salut.
  • Ginés Marin (vert et or), au deuxième, une entière, une oreille ; au cinquième, une entière, une oreille, demande de la seconde et bronca à la présidence.
  • Joaquim Galdos (tabac et or), un pinchazo, trois-quarts de lame avis, silence ; au dernier, une entière, silence.

On aurait pu rêver d’un final plus brillant pour terminer la feria de Dax. Mais Ginés Marin, qui sort en triomphe, confirme l’excellence de la nouvelle vague de la tauromachie qui, avec David Galvan et Joaquim Galdos, complétaient ce cartel de jeunes. Les Ventorillo furent plutôt compliqués et parfois dangereux, ne laissant que rarement découvrir la bonne distance pour les affronter.

Ginès Marin, qui a fait une grosse impression, a surtout construit son triomphe sur le classicisme de sa tauromachie. Elle lui a permis de s’imposer que ce soit à la cape ou a la muleta. Avec des derechazos, très longs et très bas, il oblige son premier toro à humilier et finira par le dominer totalement, lui servant alors une série de naturelles parfaites et ensorcelleuses. Il sera chaudement applaudi pour ces instants de bonheur. Quand il reviendra, il devra jouer sur les deux mains, mais avec beaucoup de réussite une nouvelle fois pour maîtriser son adversaire. Il devra toutefois se battre dans un dernier affrontement devant une tête surmontée de deux dagues assassines. Finalement il l’emporte et se régale dès lors de quelques naturelles. Il terminera sur une extraordinaire épée… Le public voulait une seconde oreille, la présidence non. Bronca, deux vueltas, de quoi animer les arènes !

David Galvan, auparavant, n’avait pas connu pareil succès. Certes il avait un adversaire compliqué sur la main gauche et fut obligé à un autre terrain où il travailla sans grande imagination. Ce fut une tauromachie assez morne. Il tenta de se racheter avec le suivant. Certes, à la cape, il montra d’excellents moments et une volonté de gagneur. Mais une muleta imprécise fera qu’il sera rapidement débordé et jamais à la hauteur de son adversaire. Il sera contraint d’abréger, incapable en fait de résoudre le problème qui lui était posé.

Joaquim Galdos n’est jamais véritablement entré dans cette course. Il n’a pas su trouver la distance qui convenait. Il essaiera de loin, puis raccourcira le cite. Par la suite il ralentira le rythme de sa faena, et en décomposant les figures, il atteindra une autre dimension. Un joli moment de bonheur et de beauté offert à l’arène. Avec quelques quites de cape fleuris à la Sud–Américaine, ce seront là ses deux meilleurs moments. Par la suite on le trouvera en difficultés, souvent désarmé et en position périlleuse. Il sera obligé de renoncer face à son second adversaire qu’il liquidera d’une épée vraiment trop basse.

On retiendra de cette dernière course de la feria de Dax, les deux oreilles de Ginès Marin, une dernière sortie en triomphe, histoire de rehausser une corrida qui a légèrement déçu.

Rendez-vous maintenant dans ces mêmes arènes à l’occasion de la feria Toros y Salsa, en septembre.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.