Béziers. 14 août. La déception Victorino.

Que s’est-il donc passé avec les Victorino Martin ?

Une course qui a vu le mythe s’écorner sérieusement de par le comportement de six toros bien présentés mais sans forces ni race. On a connu des « victorinades » où les bichos avaient un comportement impossible pour les toreros, des « alimañas » qu’il fallait lidier en jouant sa peau à chaque seconde … Mais l’intérêt était présent, et l’émotion tout autant. Mais en ce 14 août, à marquer d’une pierre noire pour le ganadero, rien de tout cela. Juste des toros qui pour la plupart chargeaient au ralenti avec des difficultés pour mettre une patte devant l’autre. Tous, à l’exception du quinto, furent sifflés à l’arrastre.

Renseignements pris (sans garantie), les Victorino auraient souffert de diarrhée et ne se seraient pas alimentés pendant plusieurs jours. Ceci pourrait expliquer cela. Du moins on le souhaite, car sinon le ganadero a du souci à se faire …

Au toro d’ouverture, Manuel Escribano signa quelques correctes véroniques et demie avant de présenter son adversaire face au lancier qui, en carioca, administra au cornu deux rations de fer. Second tiers à charge du titulaire invitant Mehdi Savalli à se joindre à lui, poder à poder pour l’arlésien, poder a poder et violin al quiebro dans les tablas pour le torero de Gerena. Hélas par la suite le Victorino s’éteint et, malgré les efforts du torero, la messe était dite. Quelques tentatives ambidextres avant de renoncer et d’en finir d’une demi-lame tendida complétée par un descabello. Silence.

Manuel Escribano avait auparavant brindé sa faena à Thomas Cerqueira, convalescent de sa blessure de Mauguio et sur la voie de la récupération.

Mais Escribano n’est pas homme à s’avouer vaincu et c’est par une larga cambiada de rodillas qu’il salua le quatrième, poursuivant par véroniques de valeur très moyenne. Première pique un peu en arrière sans mise en suerte, seconde traserita elle aussi avant un second tiers bien mené et applaudi. Brindée au public, la seconde faena d’Escribano, bien débutée par passes hautes, s’étiola très vite après quelques séquences droitières de bonne facture où l’andalou allongea bien le bras pour donner de l’amplitude à ses muletazos. Le passage à gauche déclencha l’extinction des feux et Manuel dut beaucoup insister pour arracher quelques muletazos supplémentaires à l’animal. Quasi-bajonazo suivi d’une entière perçante pour en finir. Nouveau silence pour le torero.

David Mora, après quelques véroniques et demie d’ouverture, présenta son adversaire face au lancier pour deux piques en arrière du point d’impact normal (une mauvaise habitude constatée chez nombre de picadors), ce qui n’arrangea pas sûrement le physique du Victorino qui chuta dès le début de la faena. Que faire d’un invalide si ce n’est d’abréger, ce que fit le madrilène après quelques tentatives infructueuses avec la muleta d’une entière latérale. Silence.

RAS au capote face au quinto qui se retournait très vite. Suivit un châtiment modéré (une pique sans s’employer et un picotazo), puis une faena guerrière où Mora se battit pour ne pas perdre de terrain face au seul Victorino combattif de la tarde. L’animal, qui avait tendance à couper le terrain, fut ainsi contenu en quelques bonnes séries ambidextres avant un final compliqué avec la rapière : pas moins de sept entrées a matar pour laisser un bajonazo. Descabello. Sifflets.

Mehdi Savalli avait une carte à jouer et il tenta de le faire. Hélas ce n’était pas le bon jour, et malgré ses efforts, rien ne fut possible. Le troisième l’avertit d’entrée par un derrote en direction du visage lors d’une première série de capotazos guerriers. Après deux rations de fer, nouvel échange avec Escribano, le torero de Gerena clouant al sesgo por fuera, l’arlésien en poder a poder et violin. Brindée aux étagères, la faena tourna court après une entame droitière de correcte facture. Le bicho, sur la défensive, compliqua la tâche de Mehdi qui n’eut très vite d’autre alternative que de prendre l’épée. Tiers de lame au troisième assaut. Silence.

Jolies véroniques genou ployé et demie pour accueillir le sixième qui fut ensuite mené face au uhlan par chicuelinas al paso pour deux courtes piques. Second tiers à charge de l’arlésien qui gratifia le public d’un poder a poder, d’un violin cité de rodillas, puis de deux poses d’une seule banderille à la fois, toujours al violin. Comme précédemment, la faena, brindée à son ami Eric Santa, baissa de ton après les premières séries ambidextres dont se détacha une bonne série gauchère. Hélas l’intensité du trasteo déclina avec les forces du Victorino. Bajonazo pour le final. Silence.

Ainsi s’acheva la première course torista de la feria laissant le public dépité.

Reseña et photos : Paco.

Le matin, oreille de poids pour Dylan Raimbaud lors de la novillada sans picadors. Dylan a coupé une oreille importante avec forte pétition de la deuxième à un novillo de Robert Margé de bon jeu, pour une faena élégante et allurée sur les deux côtés, suivie d’une demie bien placée d’effet rapide.

Les novillos de Robert Margé ont servi (supérieurs les deuxième et quatrième bis, le premier plus compliqué).

Lucas Miñana, le régional de l’étape, coupa une oreille du deuxième, après une faena volontaire bien qu’hétérogène.

Le sévillan Pablo Paez laissa voir au quatrième ses qualités artistiques à la cape comme à la muleta, dans une actuación incomplètement maîtrisée (vuelta).

Quant au portugais de Vilafranca de Xira, Joao d’Alva, il fut méritoire avec le premier, mais trop approximatif (vuelta).

(Communiqué de l’école taurine Rhône Aficion)