Dax. 14 août (tarde). Les toros sont enfin arrivés ! Deux oreilles pour Rafaelillo et Daniel Luque.

Quatrième corrida de la feria, arènes combles, soleil et nuage, atmosphère moîte, deux heures trente de spectacle.

Six toros de Pedraza de Yeltes, admirablement présentés, de 630 à 580 kilos chez l’éleveur, parfaitement armés, tous deux piques sévères, le dernier une troisième charge sur une pique de tienta, vueltas posthumes au quatrième et au sixième.  Compliqués à la muleta mais demeurant toréables.

  • Rafaelillo (bleu marine et or) au premier, trois pinchazos, une entière, avis, salut et ovation ; au quatrième une entière, deux oreilles.
  • Daniel Luque (vin clairet et or), au deuxième, une entière, avis, une oreille ; au cinquième, une entière, une oreille.
  • Roman (bleu foncé et or), au troisième, trois pinchazo, un mete y saca, une entière, un descabello, avis, silence ; au dernier, un pinchazo et une entière, rapide salut.

Note. Sortie en triomphe de Rafaelillo, Daniel Luque et du mayoral de Pedraza de Yeltes.

Enfin, avec les Pedraza de Yeltes, les toros sont arrivés à Dax et ont permis un premier triomphe avec Rafaelillo, Daniel Luque et le mayoral de l’élevage. Ce fut la corrida du courage, la course des courageux, des belluaires, des combattants auxquels rien ne fait peur et qui ont enfin amené le bonheur et une certaine alegria parmi les aficionados. Le final mettait en valeur le courage de deux garçons et la technique de sélection d’un homme du campo.

Rafaelillo s’est lancé dans cette lutte en tout osant, bien décidé à triompher. Première passes à genoux, très basses, histoire de châtier l’animal et un pecho qui lance la faena. Elle va aussitôt surprendre et on applaudit ces très longs derechazos,  lents et bas, histoire que l’adversaire racle le sable de son museau. Pour écrire quelques naturelles, la lutte devient épique. Un petit homme face à un monstre. Mais jamais il ne recule et finit par maîtriser l’adversaire. Le petit soldat a fait plier le général « Liebrote ». Mais les trophées s’échappent inexorablement au fil de l’épée.

Il faut attendre le retour en scène pour retrouver un Rafaelillo conquérant. Une fois encore il ne recule jamais,         châtie son adversaire par des muletazos très bas. Et bientôt il ouvre une sorte de danse, pour lui, ce n’est pas celle de la vie et de la mort, mais plutôt un immense bonheur de toréer que l’on lit sur son visage. Cette fois les trophées seront au rendez vous.

Daniel Luque et son toreo très fin et élégant pouvaient paraître hors sujet devant ces puissants et très lourds toros. Mais il sait envoûter son adversaire dans un rythme assez lent mais diablement efficace. Il se paie même le luxe de donner de l’ampleur au Pedraza qu’il domine assez vite. Ce n’est pas toujours harmonieux mais très efficace. Par la suite il passera d’une main à l’autre et inscrira sa faena dans un tout petit terrain où il étouffera l’animal.

Román ne tirait manifestement pas dans cette catégorie. Il signe avec le premier une bonne série à droite, avec le suivant il tente de citer de loin… Mais il est souvent mis en difficulté, heureusement pour lui « Campeador » baissera de rythme, lui permettant de se tirer d’un mauvais pas.

On ne regrettera pas ce très beau lot de Pedraza de Yeltes… Dans le silla l’aficion put applaudir une grand sortie en triomphe alors que la lumière commençait à baisser. La feria semble bien partie. Il était temps.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.