Dax. 12 août (tarde). Talavante et Lorenzo coupent une oreille à de très fades Domingo Hernandez.

Première corrida de feria. Arènes combles, soleil, température agréable, deux heures trente de spectacle.

Sept toros de Domingo Hernandez,  le troisième remplacé par un exemplaire du même fer. Tous deux piques prises avec une certaine bravoure, sans une grande présence en piste et s’éteignant rapidement. Tous demeuraient toréables à la muleta.

  • El Juli (rioja et or) : au premier, deux pinchazos, une entière, trois descabellos, silence ; au quatrième, un pinchazo et une entière, silence.
  • Alejandro Talavante (bleu marine et or), au deuxième, une entière, un descabello, salut ; au cinquième, un pinchazo, une entière un descabello, avis, une oreille.
  • Alvaro Lorenzo (turquoise et or), au troisième, une entière, une oreille ; au dernier, une entière, avis, salut.

 

Incident. Trois anti-taurins ont sauté en piste après la mort du premier toro et ont été rapidement évacué manu militari par la police locale. Le banderillero Juan José Trujillo, de la cuadrilla de Talavante a salué au cinquième.

On a quitté les arènes de Dax avec un goût d’inachevé. L’aficionado se sentait frustré et El Juli peut-être plus encore. Pour la première fois depuis bien longtemps, les toros de Domingo Hernandez ont profondément déçu et sont la cause de cette course en demi-teinte où il manquait surtout la présence d’animaux de combat, mobiles et agressifs. Seul Talavante touchera par chance l’unique toro digne de ce nom.

El Juli fut très agréable à la cape et l’on espérait que les choses allaient suivre, d’autant qu’il commença sa faena en entraînant son adversaire au centre de la piste. Il essaiera les deux mains sans jamais trouver la distance, et à chaque muletazo le régime baissait. Il tentera même de citer de loin et il devient rapidement brouillon et désordonné sans rien démontrer. C’st un peu la même chose qui recommence par la suite, centre de la piste, cette fois petit terrain pour construire, plutôt arracher les séries. Si tout cela était parfait, il y manquait la vitesse et un peu d’émotion pour pimenter. Aussi la faena est-elle rapidement tombée dans l’anonymat et finit, elle aussi, en silence.

Alejandro Talavante, avec beaucoup d’élégance, signe un tercio de cape très fin et harmonieux. S’il trouve rapidement la distance, par contre la baisse de régime de « Cuarenta » lui imposera une autre stratégie. Mais son nouveau rythme enlèvera beaucoup d’émotion. On aura apprécié une longue série à droite donnée les pieds rivés au sol. Si par la suite il ne devait pas particulièrement briller à la cape, il comprit rapidement l’intérêt de « Gracioso », le plus nerveux, le plus rapide et le plus mobile. Il put donc exécuter une excellente faena, commençant par réveiller l’arène par une série sur la droite donnée à genoux et terminée sur un extraordinaire pecho. Les applaudissements éclatent et le silence revient pour apprécier une longue série de naturelles dessinée avec douceur, le corps détendu et la muleta traînant très lentement sur le sable. On entre dans une autre dimension. Le maestro la prolonge avec moins de réussite en passant à droite, sans l’épée. Mais hier Talavante tutoyait les anges avec beaucoup de bonheur.

Alvaro Lorenzo fut la découverte dacquoise. Beaucoup de talent, de technique, une certaine grâce et de la profondeur dans ses gestes. Mais comme ses compagnons de cartel, il eut à lutter contre l’apathie des Domingo Hernandez. Au début il multipliera les changements de mains. Cela ne motivera pas l’adversaire. Il signera toutefois une belle série de naturelles. Pour essayer de terminer en beauté il tentera des cites de loin, mais le cornu manquera de rythme. Il tuera d’un belle estocade. Il n’aura pas triomphé mais Alvaro Lorenzo se sera montré et aura séduit les aficionados dacquois.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Jean-Pierre Souchon.