Béziers. 12 août. Castella triomphe dans ses arènes.

Belle entrée hier (environ deux tiers) pour une première corrida de feria qui opposait Léa Vicens à deux toros de Fermin Bohorquez, et Sébastien Castella à quatre toros de Nuñez del Cuvillo, le biterrois ayant accepté de tuer les deux bichos initialement prévus pour José Maria Manzanares.

Côté rejon, je laisse la plume à Freddy Porte qui a de meilleures connaissances que moi sur le sujet. Je dirai juste de Léa Vicens qu’elle m’a séduit par un toreo parfaitement maîtrisé, malgré quelques maladresses passagères, et des qualités de cavalière remarquables. Vuelta et oreille pour la belle amazone. Quant aux toros de Bohorquez, ils se prêtèrent au jeu, le premier perdant hélas une partie de ses forces au fil de la lidia.

Toujours côté bétail, on ne sera pas surpris de lire que les Cuvillo ont assumé leur rôle de partenaires pour figuras, rôle qu’ils jouèrent avec plus de noblesse que de présence et de race. Quasiment pas piqués (heureusement), ils finirent cependant quasiment tous bouche ouverte. Armures bonitas pour les 1° et 4°, plus agressives les 2° et 3° sans être terrorifiques. Sept picotazos et une seule vraie pique (pour le dernier), chaque toro passant règlementairement (et symboliquement) deux fois face aux lanciers.

Ajoutons à cette présentation que le vent gêna parfois Sébastien.

Le premier adversaire du biterrois, abanto de salida, fut ensuite capté par le capote du garçon qui lui imposa une série de véroniques templées achevée au centre par une demie. Brindée à Yannick Casajust, aumônier des arènes, la première faena fut initiée de rodillas sur la corne droite, Sébastien alternant ensuite les deux bords lors de séries d’inégale intensité. Final encimista, comme de coutume, et une entière concluante mettant fin à la vie publique du Cuvillo. Oreille.

Le troisième de la tarde fut accueilli par jolies véroniques genou fléchi avant un quite du sobresaliente Jérémy Banti par chicuelinas et revolera. Chargeant avec une pointe d’alegria, le bicho fut invité à s’élancer à distance à plusieurs reprises, Sébastien raccourcissant ensuite les distances pour quelques séries ambidextres, la main gauche s’avérant cette fois moins performante. Faena de mas a menos au fil des forces déclinantes de l’animal qui « perdit les mains » à plusieurs reprises. Final en redondo avant entière caida. Silence.

RAS au capote à l’entrée du quinto, puis un quite par chicuelinas ajustées et revolera. Débutée par passes hautes sans bouger, la faena fut quelque peu contrariée par Eole qui s’invita à la course et gêna le travail du biterrois, d’où quelques enganchones inhabituels chez le torero. Malgré tout l’ensemble fut quelquefois harmonieux, notamment une série de naturelles au ralenti. Final gaucher encimista et desplante malvenu, vu la faible teneur de l’opposition. Entière en place au second assaut portée en s’engageant. Oreille malgré émotion aux abonnés absents.

RAS à nouveau au capote. Passons au dernier tiers. Débutée assis sur l’estribo, la faena ambidextre, face à un dernier plus compliqué que ses frères, fut plus autoritaire que les précédentes. Il fallait cette fois agir en patron et Sébastien sut s’imposer, maîtrisant les charges brusques du Cuvillo. On retiendra de ce dernier trasteo une série de naturelles aidées de belle facture. Entière caida après final encimista. Troisième oreille de la tarde et Puerta Grande pour le biterrois une nouvelle fois maître sur ses terres.

Quant aux sorties a hombros par les Grandes Portes, il faudrait que toutes les plazas se mettent d’accord. A certains endroits il faut couper deux oreilles à un même toro, à d’autres il faut en avoir coupé trois au total. Bref, on ne s’y retrouve pas.

Palmas pendant le paseo en hommage aux toreros, ganaderos et aficionados disparus depuis la dernière feria.

Reseña et photos : Paco.

En matinée, un tentadero mit aux prises les jeunes élèves de l’école taurine locale à trois vaches de la famille Margé. Lucas Miñana, Clément et Anaïs, mais aussi Thibaut et Lény sortis de seconds, purent ainsi répéter devant du bétail les gestes travaillés de salon. De la théorie à la pratique sous la direction de Marc Antoine Romero, Olivier Margé assurant le rôle du uhlan de service.

Agréable mise en bouche avant les agapes de la tarde.