Enrique Ponce présente « Crisol ». Evolution ou danger ?

L’empresa Toros del Mediterráneo a présenté jeudi dernier au Musée Picasso de Malaga la ‘Corrida Picassiana’ qui prendra cette année la forme d’un mano a mano entre Enrique Ponce et Javier Conde.

Le jeudi 17 août à 19h00, face à des toros de Juan Pedro Domecq, Daniel Ruiz et Albarreal, la Malagueta accueillera un spectacle qui mêlera tauromachie, arts plastiques et disciplines musicales diverses. Ce projet, baptisé « Crisol« , et initié par Enrique Ponce, prétend révolutionner l’accompagnement musical de la corrida en y introduisant de la musique classique, des musiques de films, de l’opéra, le tout sur fond pictural.

Les voix de la chanteuse de flamenco (et épouse de Javier Conde) Estrella Morente, du chanteur de flamenco et de soul latino Pitingo et de la soprano Alba Chantar, accompagneront les faenas des deux protagonistes de cette corrida si particulière à laquelle le peintre Loren prêtera également son concours, tout comme la banda de Gibraljaire et une chorale.

« Crisol » a été créé pour rappeler que la tauromachie est « un art parmi les arts » qui a inspiré des artistes de tous horizons. Comme l’explique Enrique Ponce « on parle ici d’un rêve qui prétend amener le toreo plus loin, un rêve qui se réalise au sein d’une corrida pour en faire quelque chose d’inoubliable« .

Note du rédacteur.

Ce projet, dans la droite ligne du solo d’Enrique Ponce à Istres, pose tout de même question quant à l’esprit même de la corrida, laquelle ne se justifie que si elle reste un combat où l’intelligence de l’homme vient à bout de la force brute d’un animal. Avec une corrida déjà bien dénaturée par les exigences des figuras qui ne veulent plus  « combattre » que des toros serviles, ce pas de plus vers l’édulcoration du spectacle pourrait bien le précipiter vers sa fin.

A quand la suppression des piques, qui ne sont déjà souvent que symboliques, et des banderilles, dont les poses s’arrêtent souvent au deuxième passage des subalternes ? Quant à la mise à mort …

« Crisol », évolution ou chant du cygne ?

Il serait temps de revenir très vite aux fondamentaux avant que la corrida ne soit vidée de toute sa substance. Quant à ce genre de spectacle, souhaitons qu’il ne reste qu’une parenthèse …

Paco