La FSTF interroge Miura et Los Maños sur Céret et Boujan.

La FSTF (Fédération des Sociétés Taurines de France) a écrit aux responsables des ganaderias de Los Maños et Miura au sujet de la présentation des lots sortis respectivement à Boujan et à Céret.

Ci-dessous les courriers de la FSTF et les réponses des ganaderos.

Lettre au ganadero de Los Maños.

Monsieur,

Je m’adresse à vous en ma qualité de Président de la FSTF qui regroupe de nombreux clubs taurins de France et de Bruxelles et il m’appartient de vous interroger sur la présentation des novillos combattus à Boujan sur Libron (34).

En trois ans seulement les organisateurs du cycle de novilladas de Boujan sur Libron ont su gagner la confiance des aficionados français par le sérieux de la programmation proposée jusque-là. Le recours à des élevages présentant du bétail de respect a conduit à une fréquentation culminant au quasi plein de l’arène le samedi 1er juillet 2017 pour la présentation de novillos « Los Maños ».

En effet intéressés par le succès en 2016 de « Saltacancelas » suivi par celui de « Jardinero » en 2017 à la corrida concours de Vic Fezensac, les amateurs de taureaux se sont déplacés pour assister à une novillada complète vendue par vous.

Quelle déception quand vos produits sont entrés dans l’arène directement descendus du camion venu dans la nuit de Saragosse ! Vous le savez, bon nombre d’entre eux avaient les cornes abîmées ou éclatées. Au-delà du différend commercial qui relève de votre relation avec l’organisateur, convenez que la situation ne peut en rester là face aux questions que les aficionados se posent légitimement. Il y va de la crédibilité de votre entreprise auprès d’eux.

 En conséquence, la Fédération des Sociétés Taurines de France, chargée selon ses statuts de la défense des intérêts des aficionados et mobilisée pour défendre l’éthique de la corrida et l’intégrité du taureau de combat, s’adresse à vous pour connaître les réponses que vous apporterez à nos interrogations.

Les cornes ne peuvent pas toutes avoir été abîmées pendant le voyage sauf à en apporter la preuve.

  • Pour quelle raison les cornes ont-elles présenté de telles insuffisances et faiblesses ?
  • Est-ce que votre élevage a recours à la pose de fundas ?
  • Est-ce que les cornes ont fait l’objet de manipulations, d’aréglage ?
  • Est-ce que le lot présenté provenait du fond de camade ?

Par ailleurs le comportement des novillos en piste soulève la question suivante :

  • Est-ce que les novillos présentés provenaient du bétail d’après le rafraîchissement effectué à partir de 2007 ou d’une rame antérieure ?

Compte tenu des espoirs mis par les aficionados français dans votre aventure qui a donné des résultats prometteurs, en particulier à Parentis et Vic Fezensac, nous serons particulièrement attentifs aux informations que vous ne manquerez pas de nous faire parvenir en retour, l’absence de réponse de votre part serait à votre désavantage au regard de l’aficion française. Compte tenu de l’émotion créée par la présentation de votre bétail à Boujan sur Libron, la présente lettre et votre réponse ou son absence seront communiquées à nos sociétaires.

Nous vous remercions par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à notre démarche et nous vous assurons de notre considération distinguée

                                                     Dominique Valmary

Réponse du ganadero.

Bonjour, cher M. Dominique Valmary

En réponse à votre message et en qualité de représentant de l’élevage Los Maños, je vous fais savoir :
Dans l’élevage Los Maños notre travail notre passionne repose que sur le Taureau, et c’est par cela que nous sommes les premiers défenseurs de son intégrité et de la Fiesta de los Toros..

Les novillos combattus à Boujan Sur Libron le 1er juillet 2017 appartenait tous à la ganaderia de Los Maños fondée en 1988.

Les novillos combattus à Boujan sur Libron  le 1er juillet 2017 sont, sans aucun doute, ceux qui avaient été choisis.

Les novillos combattus à Boujan Sur Libron le 1er juillet 2017, n’ont jamais porté des fundaset n’ont jamais été manipulés. Leurs cornes étaient intègres.

Les novillos combattus à Boujan le 1er juillet 2017, avaient été réservés à la fin de 2016. De la même manière que nous procédons avec toutes les Commissions, Entrepreneurs ou Conseils municipaux, les dits novillos ont été séparés du reste du troupeau et montrée à l’Entrepeneur qui dirige les arènes de Boujan Sur Libron.

Jusqu’au jour du combat ils ont été vus au pâturage par leur acheteur et par différents Clubs Taurins Français qui ont visité la ganaderia, et qui par conséquent il ont pu, par là-même, suivre leur évolution.

Une fois à Boujan Sur Libron, et parce qu’il n’existe pas de chiqueros dans les arènes, il a fallu travailler depuis le camion pour placer la devise sur ces novillos qui à cette occasion ont pris et ont donné trop de coups de cornes, comme ont pu l’entendre, tous les aficionados présents près des arènes.

Dans l’espoir d’avoir dissipé tous vos doutes.

Recevez un salut cordial.

José Luis Marcuello Juste
GANADERÍA LOS MAÑOS


Lettre aux ganaderos Miura.

Messieurs,

Je m’adresse à vous en ma qualité de Président de la Fédération des Sociétés Taurines de France (FSTF) qui regroupe de nombreuses associations taurines de France et de Bruxelles et il m’appartient de vous interroger sur la présentation des toros combattus à Céret (66).

Á l’occasion de la 30ème édition de la feria « Céret de toros », l’ADAC a fait le choix de votre élevage pour marquer cet anniversaire et satisfaire son fidèle public dont vous ne pouvez ignorer qu’il est grand amateur de toros de respect.

Quelle déception quand vos produits sont entrés dans l’arène ! Vous le savez, le lot quasiment entier présentait des cornes très abîmées ou éclatées. Au-delà du différend commercial qui relève de votre relation avec l’organisateur, convenez que la situation ne peut en rester là, face aux questions que les aficionados en colère se posent légitimement. Il y va de la crédibilité de votre entreprise auprès d’eux.

En conséquence, la Fédération des Sociétés Taurines de France, chargée selon ses statuts de la défense des intérêts des aficionados et mobilisée pour défendre l’éthique de la corrida et l’intégrité du taureau de combat, s’adresse à vous pour connaître les réponses que vous apporterez à nos interrogations. Les cornes ne peuvent pas toutes avoir été atteintes pendant le voyage, à l’embarquement ou encore au débarquement sauf à en apporter la preuve.

Pour quelle raison les cornes ont-elles présenté de telles insuffisances et faiblesses ?

  • Est-ce que votre élevage a recours à la pose de fundas ?
  • Est-ce que les cornes ont fait l’objet de manipulations, “d’aréglage” ?
  • Est-ce que le lot présenté provenait du fond de “camade” ?

Compte tenu des attentes mises par les aficionados français dans vos produits au regard de l’histoire et de la réputation de la ganaderia Miura, nous serons particulièrement attentifs aux informations que vous ne manquerez pas de nous faire parvenir en retour, l’absence de réponse de votre part serait à votre désavantage au regard de l’aficion française.

L’émotion, voire la colère, que la présentation inacceptable de votre bétail à Céret, place dont le sérieux est unanimement reconnu en France et en Espagne, suscite, justifie  que la présente lettre et votre réponse ou son absence soient largement communiquées à nos sociétaires et clubs affiliés.

Nous vous remercions par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à notre démarche que vous ne pouvez que comprendre et nous vous assurons de notre considération distinguée.

Dominique Valmary

Réponse des ganaderos.

À Monsieur Dominique Valmary le président de la FSTF.

Une brève réponse à votre e-mail du 27 juillet 2017.

Quand le représentant de l’Entreprise qui organise les corridas de Céret nous a parlé d’une course de taureaux pour cette place, nous lui avons dit que nous lui montrerions une course de taureaux avec le trapío et le sérieux inhérent à notre camada.

Ils vinrent voir à plusieurs reprises au cours de l’année et peu à peu furent choisis les taureaux retenus. Une fois établi le signalement de ces taureaux, en avril ou mai, ils les ont photographiés pour publier ces photos sur Internet où avez pu voir les voir et pour les montrer à qui ils voulaient à Céret.

Le jour de l’embarquement, avant de les enfermer, comme il est chez nous de règle, les organisateurs accompagnés de leur représentant ont vu les taureaux et ont décidé des six à embarquer.

Durant l’embarquement tout s’est passé normalement et lors du débarquement à Céret ce fut aussi bien que possible avec de tels taureaux, certains se battant et tapant dans les portes ou les murs des corrals, mais sans qu’ils en soient  amoindris ou s’abiment leurs cornes.

Durant les jours passés dans les corrals, les aficionados ont pu les voir sur un écran de TV, puisque leur corral temporaire ne disposait pas des fenêtres pour les voir comme il est habituel. Les organisateurs ont pris soin de bien les installer pour éviter qu’un taureau devienne inutilisable, si c’était arrivé nous l’aurions substitué comme nous l’avons toujours fait quand l’empresa le demandait.

Le jour de la course, durant le sorteo et la mise en chiqueros, en présence de la Commission taurine et de la Présidence, pour ce que nous savons, tout a été normal et personne ne s’est plaint de rien, tous jugeaient les taureaux conformes

Le problème intervint à l’intérieur des torils, où ils ont commencé à taper contre les murs.

Les trois premiers taureaux, 12 et 22 inclus, n’ont pas soulevé de protestations, ils ont été applaudis à l’arrastre. Le 42, un taureau cárdeno très clair et très girón, était, à son apparition sur la piste, brun de la poussière des murs, avec des pitons très « escobillés », comme le 52. Le mayoral qui était dans leburladero près des torils, avec les autres mayorales, les entendait taper dans les chiqueros. C’est là qu’ils s’abimèrent parce que ce n’était pas un seul coup contre  le mur mais des coups répétés et de toutes leur force.

Pour conclure je vous dis que tout ce qu’un taureau est capable de faire et jusqu’où il  est capable d’arriver ne peut se résumer en quelques lignes, que les choses ne se passèrent pas comme il nous aurait plu et qu’après 175 un an d’ancienneté toujours dans la même famille, si nous faisons combattre nos bêtes dans des places de responsabilité maximale, c’est grâce au travail, au sacrifice, au sérieux et à l’honnêteté qui sont les normes que notre père nous a apprises  comme à lui son père et son oncle et ainsi depuis la première génération.

Pour ce qui de la course de Céret, toutes vos questions appellent une même réponse, un NON.

Respectueusement.

E et A MIURA.