Retour sur la novillada d’Istres.

Lot de novillos exceptionnel de Christophe et Juliette Fano du fer du Vieux Sulauze.

Bien présentés et d’une grande noblesse, ils ont permis aux jeunes toreros en présence de briller. Les deux meilleurs furent les deux derniers avec une vuelta posthume pour le dernier.

Le réserve qui sortit en avant dernière position fut gratifié d’une sortie d’arrastre lente copieusement applaudie. Il remplaçait le N° 58. Ce dernier ne manquait pas de qualité mais fut jugé un peu faible : le palco écouta la protestation du public. Il ne fallait pas gâcher la fête !

Parmi les novilleros, le plus complet, fut le vénezulien José Antonio Valencia. Il montra le plus d’envie et le meilleur bagage technique. Il reçut les deux derniers erales à porta gayola et banderilla ses opposants avec alégria. (violin, quiebro, courtes al quiebro). Il remporte le prix Pierre Pouly et le chèque de 400 euros offert par les Areneros et le Club des Aficionados Istréens après avoir coupé 4 oreilles.

L’arlésien Vincent Perez (ci-dessus) et le nîmois Solalito (ci-dessous) coupent chacun 2 oreilles à leur second.

Juliette Fano a été invitée à faire la vuelta aux deux derniers. La première fois, aux côtés de José Antonio Valencia puis avec Solalito.

L’émotion était palpable chez la ganadera durant ce dernier tour de piste qui récompensait des années de travail et de sélection. Récompense et reconnaissance de l’aficion qui estompent les moments de découragement. Le résultat obtenu concrétise le bon choix d’avoir rafraîchi avec du sang Domecq. Enhorabuena !

Reseña : Freddy Porte.

Istres, ou comment créer de l’aficion !

L’Ecole Taurine d’Arles et l’empresa d’Istres proposaient ensemble une novillada sans picadors ce 6 août aux arènes du Palio en clôture des fêtes de la ville. Plus d’un millier de personnes présentes qui sont sorties des arènes en toréant, sourire aux lèvres, avec l’envie de poursuivre leur plaisir et d’y revenir.

Au-delà des huit oreilles méritées et accordées aux trois novillleros présents, ce sont la qualité du bétail de la ganaderia Fano, l’entrega et la diversité des styles de Vincent Perez, José Antonio Valencia, les deux de l’Ecole d’Arles, et Solalito, du Centre Français de Tauromachie, les moments d’émotion, voire d’inquiétude, de plaisir et de gaieté qui ont parsemé la corrida, qui ont enchanté les assistants.

Il y avait de l’exigence avec des toros qui demandaient qu’on les torée, il y avait de l’envie chez les toreros qui ont su faire apprécier leur propre interprétation de la tauromachie, il y avait la musique si taurine de Chicuelo II, toujours présente et attentive, il y avait un public désireux de goûter à la fête, en même temps que connaisseur.

Vincent Perez (silence et 2 oreilles) manqua d’ouvrir la corrida avec une première oreille que sa faena posée et pleine de détails toreros lui permettait. Malheureusement la mise à mort s’éternisa avec un novillo sur la défensive et devenu andarin. Qu’à cela ne tienne, il alla chercher les deux oreilles de son deuxième opposant malgré ou à cause d’une impressionnante voltereta, s’imposant avec de belles séries à droite et à gauche puis un superbe recibir qui effaçaient justement sa déception initiale.

José Antonio Valencia (2 oreilles et 2 oreilles) déborde d’envie et de plaisir à toréer et veut le faire partager au public, et … il y parvient brillamment ! Variété au capote – n’est-il pas le premier torero de l’histoire du Palio à recevoir son toro a porta gayola ? -, aux banderilles (de poder a poder, al quiebro por fuera y por dentro, al violin, …), toreria a la muleta, toréant plus long et posé à son deuxième, efficace à l’épée. Il a coupé deux fois deux oreilles, recevant le 11ème trophée Pierre Pouly et le prix décerné par les areneros et aficionados istréens.

Le plus jeune des trois, Solalito (silence et 2 oreilles) a aussi pleinement participé à la fête. Si son premier toro, à la charge désordonnée, ne lui a guère permis de se mettre en valeur, la compensation est venue avec le dernier. Une fois trouvée la bonne distance d’un excellent novillo, le jeune nîmois a su conquérir le public par le temple, la longueur et douceur mais aussi la variété de son toreo.

La sortie à hombros des trois novilleros et de la ganadera, amplement méritée, était joyeusement célébrée par le public heureux et ravi.

N’est-ce pas aussi comme cela que se forme l’aficion ?

Photos : Martine Clément