Parentis. 6 août (tarde). Prieto de la Cal : le danger et la légende… La seule oreille pour Mario Palacios.

Arène très bien garnie, soleil et vent salutaire, deux heures trente de spectacle.

Six novillos de Prieto de la Cal, parfaitement présentés, au gabarit de toros, avec les robes jaboneras de la maison pour quatre d’entre eux. Plutôt bien armés, même s’il fallait regretter des cornes abîmées en raison même de leur violence. De deux à trois piques pour les deuxième, cinquième et sixième. Châtiment pris avec une certaine bravoure surtout pour le quatrième et le cinquième.

  • Mario Palacios (bleu marine et or), au premier, une entière, une oreille ; au quatrième, un pinchazo, un quart de lame, treize descabellos, avis, et silence.
  • Guillermo Valencia (blanc et or), au deuxième, une entière, vuelta ; au cinquième, une demi-lame, salut.
  • Tibo Garcia (rouge et or), au troisième, un pinchazo, une demi-lame et un descabello, silence ; au dernier, deux pinchazos, une entière et un descabello, applaudissements.

Quatre sur six, «jaboneros sucios» qui jaillissent comme des fusées du toril et viennent remater avec violence contre les burladeros ou les planches… on est dans la légende de terreur du Prieto de la Cal, comme le 7 août 1988 lorsque Domingo Dominguin, Fernando Camara et Marcos Giron viennent de terminer leur paseo.

Mais dimanche à Parentis, pour Mario Palacios, Guillermo Valencia et Tibo Garcia, l’histoire s’est considérablement ralentie, dommage pour les aficionados. Les novillos, moins agressifs, moins spectaculaires, étaient tout autant dangereux en se défendant sur place et se retournant avant même que le leurre ne soit franchi. Il fallait une belle dose de courage pour mener cette lutte… Une seule oreille, comme en 1988 sous la présidence de Philippe Vignau.

Mario Palacios, après un tercio de violence à la cape et de rares véroniques, a compris qu’il ne fallait pas laisser traîner les choses. Une première série d’enfer à droite, et sur la main gauche aussitôt une nouvelle série qui met le feu aux arènes par l’excellence des pechos et quelques belles trincheras. Courage et rapidité lui valent le premier et seul trophée de l’après-midi.

Il tente de recommencer à son retour avec « Pajarraco » qu’il dédie à la marquise Prieto de la Cal. Mais la même recette ne prend pas, à part sur la main gauche et la mise à mort ruine tous ses espoirs de triomphe.

Guillermo Valencia, après un farol à genoux,  tente de maîtriser un ouragan dans sa cape. Il est obligé de rendre les armes. Mais ce n’est pas son toreo très parallèle et lointain qui l’imposera dans ce combat. En outre il découvre un adversaire rapidement soso après quelques passes… Il a tout de même une envie de bien faire qu’il payera par une voltereta au moment de la mise à mort.

Mais Guillermo veut… Un nouveau farol suicidaire, trois véroniques à un toro dont le comportement semble dépendre de la psychiatrie. La vierge du Rocio l’accompagne et rien de grave ne se produit.

Tibo Garcia, le jeune novillero français, a fini vers 18 heures par vaincre le stress qui le tenaillait depuis le matin. C’est très calmement, en cinq immenses véroniques, qu’il se présente à son premier novillo. Une bonne série de passes de châtiment et le voilà maître, mais il ne voit pas que le novillo a tout donné au cheval et dans ces séries. Le rythme de l’animal ne va cesser de baisser, et le tort de Tibo sera, à trop vouloir bien faire, de continuer.

C’est un peu la même histoire qui va se répéter avec le dernier, le tercio de cape en moins. S’il signe de bonnes passes, l’ensemble demeure un peu brouillon. Dimanche Tibo a fait un grand pas pour sa carrière, il a compris que l’on pouvait, avec un peu de cœur, affronter les élevages les plus compliqués.

Dans trente ans, nous laissons à nos successeurs le soin de poursuivre la narration de la légende des Prieto de la Cal à Parentis.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

Il semble qu’un malentendu entre deux de mes correspondants ait fait que chacun m’a envoyé une reseña. Je vous propose donc une seconde version de la novillada de Prieto de la Cal.

 

L’unique oreille du week-end pour Mario Palacios.

Ce sont six beaux et sérieux novillos de Prieto de la Cal qui clôturèrent ce week-end taurin de Parentis 2017. Si leur trapio et leurs robes variées impressionnèrent et ravirent les tendidos à chaque sortie du toril, on déplorera un manque de caste et de fond, et quelques cornes escobillées.

Au milieu d’une faena où Mario Palacios resta très profilé, sans jamais prendre réellement le dessus sur « Novaton », on retiendra deux magnifiques séries de naturelles qui déclenchèrent la musique. Le Prieto s’éteint et part aux planches. Entière contraire.

Le premier noir de l’envoi se fit remarquer dès sa sortie du toril en rematant violement aux planches, ce qui n’arrangea pas ses pointes … Il s’employa lors de la première rencontre avec la cavalerie, la seconde fut expéditive. Mario Palacios brinda sa faena à la Marquise-ganadera, présente avec ses enfants et petits-enfants. Malgré le manque de transmission de la faena, due à la charge courte du novillo et au manque d’engagement du novillero, la musique fut sollicitée à accompagner ce morne moment. Pinchazo, demie-lame, collection de descabellos.

Le retour de Guillermo Valencia dans les arènes Roland Portalier était l’évènement majeur du week-end ! A noter que la veille au soir le jeune diestro colombien toréait en nocturne à Las Ventas. Son premier novillo s’employa bien sous le fer lors de la deuxième des trois rencontres. Malheureusement Guillermo a déçu : son Prieto manque certes de charge, mais il le toréa brusquement et souvent fuera de cacho. Forte voltereta lors de la mise à mort (remarquable quite de Sergio Aguilar). Entière caida. Vuelta auto-accordée dans l’euphorie musicale de la banda.

Guillermo eut sûrement à cœur de se rattraper dans  »ses » arènes et reçut son second novillo par une larga de rodillas et des véroniques, mais cela se termina par un désarmé qui vint ternir l’actuacion. Le Prieto vint par trois fois au cheval et réalisa une vuelta de campana en sortant de la première rencontre. Guillermo égraina les derechazos au cours d’une faena qui alla fort rapidement a menos. Entière delantera. Public moins complaisant qui stoppa la vuelta.

Tibo Garcia faisait sa présentation à Parentis. Le Prieto reçut deux picotazos de la part de Gabin Réhabi qui faisait son retour dans les ruedos après son effroyable chute de Mont de Marsan. Malheureusement pour Tibo, qui l’avait pourtant bien accueilli capote en main, son novillo n’humilia pas. Sa charge était courte et il donnait des coups de tête qui blessèrent la main droite de Tibo (4 puntazos). Pinchazo, entière delantera, descabello.

L’ultime Prieto était également noir. Dès sa sortie il s’imposa en piste, toisant le monde qui s’ouvrait devant lui. Par trois fois il viendra violement heurter le caparaçon du picador. Julien Dusseing « El Santo » se fit applaudir pour deux belles poses de banderilles. Tibo entama sa faena par des doblones. Son toro est bronco, et se retourne vite. L’espoir français commença bien sur la corne droite avant que le Prieto ne se défende par hachazos et ne devienne plus exigeant. Malgré quelques naturelles intéressantes, cela reste compliqué. Deux pinchazos, entière, descabello.

  • Mario Palacios (bleu de France et or) : oreille et division après avis.
  • Guillermo Valencia (alternative et or) : vuelta et salut au tiers.
  • Tibo Garcia (brique de Toulouse et or) : double silence.

 

Entrée : 8/10 d’arènes.

Reseña : Vincent Mèche. Photos : louise2z