Parentis. 6 août (matin). Déjà la difficulté des Prieto…

Un peu plus de trois quart d’arène, soleil et progression de la température, une heure quarante de spectacle.

Trois erales de Prieto de la Cal, et un Alma Serena en troisième position comme remplaçant. Les trois Prieto, très mobiles, agressifs et souvent compliqués. L’Alma Serena sans grande personnalité et un peu soso. Hors novillada, le troisième renvoyé au corral est combattu de cape et de muleta par le sobresaliente, Daniel de la Fuente.

  • Hector Guttierez (bleu ciel et or ), au premier, deux pinchazos, une entière, applaudissements ; au troisième, une entière, un avis, deux descabellos, silence.
  • Jose-Luis Vega (bleu ciel très clair et or), au deuxième, une entière, avis, trois descabellos et salut.
  • Daniel de la Fuente (bleu marine et or) au cinquième, hors corrida, un pinchazo, une demi-lame, une entière, salut.

 

La journée Prieto de la Cal ne pouvait s’ouvrir sous de meilleurs signaux. Les quatre erales étaient de véritables petits toros, totalement dans le type de l’élevage, avec un pelage jabonero, des armures parfaitement posées, et une agressivité impressionnante. Prêts à suivre la muleta pendant une vingtaine de passes et s’arrêtant pour jouer de la corne et tenter de tuer. Du Prieto dans le texte.

Hector Guttierez, très agréable, séduisant même à la cape, attaque sur une série sur la droite. Un trasteo très classique, style qu’il conservera jusqu’au bout avec un manque évident d’imagination. Le novillero est plutôt courageux. Avec le sobrero d’Alma Serena, il ne sera l’ombre que de lui-même. Un eral plutôt soso, sans grande charge et de peu de personnalité. On ne retiendra que peu de cette sortie avec des erales qu’il fallait combattre dans les premiers moments.

José Luis Vega tire en premier, un drôle de paroissien mais le Colombien ne s’en laisse pas compter et attaque par une longue série de passes de châtiments données genoux plié avec des sorties par pechos impressionnantes. Il sera désarmé à deux reprises… mais il poursuivra la lutte avec beaucoup de limites sur la main gauche. Il apparaît plus séduisant à sa seconde sortie, précis et puissant, pesant sur l’eral. Mais ce corps à corps  il finira par le perdre, sérieusement jeté au sol à deux reprises. Il tente, sans y parvenir de se sauver à gauche…et finira par se blesser sur un pinchazo (lésion ou fracture du poignet). Il lui a manqué un peu de réussite.

Daniel de la Fuente, qui après de nombreuses discussions, a eu l’autorisation de combattre le troisième Prieto de la Cal qui avait été renvoyé au corral, a rapidement séduit l’arène. Son adversaire avait oublié sa boîterie ! Daniel nous a régalés, à la muleta, par un style très doux et harmonieux. Il est parfait sur la main gauche à laquelle il ajoute de la profondeur. Un très agréable moment de tauromachie mais qui a démontré le corporatisme des banderilleros, aucun n’ayant voulu prendre les bâtonnets, et se refusant même à sortir pour puntiller. La défense d’une corporation devrait tout de même passer par un minimum d’humanisme et de compréhension. On oubliera ce mauvais moment pour ne retenir que les gestes de Daniel de la Fuente.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.