Parentis. 6 août. Journée Prieto de la Cal. Souvenirs, souvenirs …

Il y a trente ans, qui connaissait les Prieto de la Cal ?

Quelques chercheurs aficionados de l’Union Torista Bordelaise étaient allés jusqu’à La Ruiza, une finca mythique en bordure de la route Séville-Huelva. Jusqu’alors, beaucoup plus craints que les Miura, ils avaient décidé de présenter cet élevage au cœur de la forêt landaise. L’arène de Parentis adouberait l’événement. Nous avions rencontré Doña Mercedes, Don Tomas et le mayoral, Ricardo. Ce jour -là, la mort avait forcé la porte de l’arène… Mais tout s’était finalement bien déroulé. Chaque fois qu’un novillero entrait en piste, avant que ne débute la faena, Doña Mercedes offrait à chaque garçon une petite médaille de la Vierge du Rocio qu’elle leur lançait depuis le palco où elle assistait à la course.

Certains diront qu’une protection divine était indispensable pour franchir pareille épreuve… d’autres pensent que le courage, la raison et une bonne analyse de la situation suffisaient. Peut-être est-ce la petite médaille du Rocio qui a permis d’éviter le moindre accrochage ?

La novillada fut épique. Quelques capotazos, quelques muletazos brièvement volés. Il y eut quelques saluts et peu d’oreilles.

Trente ans plus tard, le hasard de la vie, des rencontres et de l’afición, fit que je me retrouvais, à table, à côté de Domingo Garcia, l’un des trois héros de cette novillada d’enfer. Il n’avait rien oublié et me confiait que ce fut son pire est son meilleur souvenir de sa carrière de novillero.

Dimanche 6 août, trente ans après, les acteurs principaux étaient toujours là… Doña Mercedes Prieto de la Cal dans un robe éternellement rouge vif, avec son légendaire chignon, même s’il était un peu plus petit, Tomás, universel hidalgo, avec quelques rides de plus, le mayoral, qui n’avait toujours pas grandi, mais avait accusé sur son visage les ans qui s’étaient déroulés. Seul absent, le dernier mari de Mercedes, qui, comme le père de Tomas, avait été ministre de la guerre de Franco.

Ce jour-là, on lui avait fait serrer la main de Claude Cabannes, rédacteur en chef de l’humanité… en lui présentant le ganadero et en lui disant peu après qui était ce Monsieur. Celui qui avait titré une chronique « Goya sous les platanes » n’a cessé pendant deux ans de nous demander le négatif de cette photo. C’était un ami, nous le lui avons finalement donné, c’était l’époque de la gladnosk.. !

«Rien n’a changé, ma mère va offrir aux novilleros une médaille du Rocio… » nous confiait Tomás quelques minutes avant le paseo.

Ainsi va la vie et le souvenir des aficionados… Merci à Parentis pour ces beaux moments !

Jean-Michel Dussol.