Mont-de-Marsan. 22 juillet (tarde). Bautista et Garrido coupent une oreille.

Quatrième corrida de feria, arènes combles, temps nuageux et chaud, deux heures quinze de spectacle.

Six toros de Torrealta, bien présentés, plutôt bien armés, tous deux piques prises avec bravoure, souvent compliqués à la muleta par manque de charge, à part le dernier.

  • Juan Bautista (rose bonbon et or), au premier, une entière, silence ; au quatrième, une entière al encuentro, une oreille.
  • Sébastien Castella (rose groseille), au deuxième, un pinchazo, une demi-lame, deux descabellos, silence ; au cinquième, une entière, avis, salut.
  • José Garrido (noir et or), au troisième, trois-quarts de lame, silence ; au dernier, une entière, une oreille.

Les toros de Torrealta ont été très loin de nous faire rêver comme les La Quinta de la veille. Un lot « sin pena ni gloria », un peu fade, ayant des difficultés à répéter dans la muleta, pas de quoi faire une grande après-midi. Il faut dire que dans l’ensemble la course a été ennuyeuse, malgré quelques éclairs en deuxième partie. Ce n’était plus la saveur d’un combat d’antan.

Juan Bautista affrontait une mission impossible pour renouveler son triomphe. Dès les premières passes de cape, on était confronté à une toro manquant de franchise et de netteté dans ses charges. En outre, muleta en mains, le torero avaient d’énormes difficultés à le faire avancer. Tout ceci donnait une faena un peu terne et sans saveur. Mais avec le second adversaire, quelque chose de différent brillait dans les yeux de l’arlésien. On sentait qu’il ne voulait pas passer inaperçu. Les premières passes d’une faena classique, histoire de convaincre cet adversaire un peu faible. Puis tombent quelques naturelles majestueuses qui réveillent l’arène. Sur la main droite, ce sont des ronds complets avec une muleta très lente. Il saupoudre l’ensemble de quelques trincheras et sur la main gauche fait une démonstration de pureté et de décontraction. Jua Bautista est en passe de rappeler ses dons de toreros. Hargneux et rageur, il termine avec une entière al encuentro. Il a sauvé sa deuxième sortie, imprévue, dans les Landes.

Sébastien Castella alla de malheur en malheur. Il n’a jamais trouvé la bonne distance. Pourtant il voulait, lui aussi, convaincre. Premières passes assis à l’estribo suivies de longs muletazos sur la droite. Mais avec la main gauche les choses se compliquent car l’animal ne répète pas naturellement et ne cesse de zébrer l’air de ses cornes. Sébastien, piqué au vif par le succès de Bautista, ressort, à sa deuxième sortie, les recettes d’antan. Quelques statuaires pour commencer. Sur la gauche rien ne va plus et à la sortie d’une très belle série de la droite, il est renversé et jeté au sol. Il poursuivra, sans âme, sur un mode brouillon où l’on sent que le garçon est parfois dominé. Un dernier salut de sympathie qui fera plaisir à tous.

José Garrido, on le savait pétri de qualités… surtout celle de combattre. Il fera tout pour obliger son premier adversaire à répéter, mais le résultat est un peu terne et la faena ennuyeuse. Mais ceux qui veulent gagner forcent la chance, et pour José Garrido, elle se présente avec le dernier toro, le meilleur du lot. Histoire de réveiller le public, une première série à droite à genoux avant de basculer sur une naturelle d’enfer. Le ton était donné. Dès lors sa muleta caressera le sable avec lenteur, alors que le corps se croise, histoire d’obliger l’adversaire. Il exploitera sa charge nette et précise jusqu’au bout. Le public est conquis et il termine sur une série suicidaire de manoletinas à genoux. L’épée est précise et efficace.

Les Torrealta n’auront pas fait grosse impression. Il préserveront un peu leur image de marque en affirmant qu’ils ont laissé deux oreilles au Plumaçon… Mais ce furent Bautista et Garrido qui les ont gagnées de haute lutte.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Romain Tastet.
Vidéo : Alain Garres.