Valencia. 21 juillet. Deux oreilles pour Manzanares.

Les toros de Nuñez del Cuvillo, bien présentés, ont donné des jeux variés, les premier, cinquième et sixième se détachant du lot.

José Maria Manzanares a retrouvé la voie du succès. En demi-teinte ces derniers temps, le torero d’Alicante a triomphé face au cinquième bicho de la tarde, un Cuvillo mobile et exigeant qui fut ovationné à l’arrastre. Bien au capote, notamment lors d’un quite par chicuelinas auquel Ginés Marin répliqua par saltilleras, le garçon composa ensuite une bonne faena dont les meilleures séquences furent gauchères, avec des naturelles templées, harmonieuses, dessinées souvent main basse et corps relâché. Ne restait qu’à assurer un final de qualité : il fut au rendez-vous avec une grande estocade a recibir qui fit apparaître deux mouchoirs au palco.

Le premier adversaire de Manzanares, noble mais décasté, ne permit au torero qu’un trasteo volontaire faute d’être brillant. Palmas après une demi-lame suffisante.

Sébastien Castella, chef de lidia du jour, eut pour premier opposant un Cuvillo de qualité, franc et noble, face auquel il composa une faena de bonne facture, à droite notamment où le biterrois développa son sens du temple avec de beaux muletazos liés et profonds avant de raccourcir les distances pour un final encimista portant sur le public. Oreille après une lame trasera et caida.

Le quatrième n’offrait aucune option. On retiendra de la prestation de Castella ses habituels cambios por la espalda au centre du ruedo en ouverture de faena. Salut.

Ginés Marin, facile au capote face au troisième lors d’une réception par harmonieuses véroniques rématée par une savoureuse larga cordobesa, signa une première faena de mas a menos au rythme des forces déclinantes du bicho. La première partie de bon niveau fut suivie d’une seconde plus encimista pour forcer le Cuvillo à la collaboration. Estocade en place et une pétition que le palco refusa de valider (bronca). Salut pour le jeune torero.

Bien décidé à couper, c’est à genoux qu’il reçut le sixième avant de composer une faena vibrante qui mit le feu aux gradins. On en retiendra notamment une série de naturelles de face, pieds joints, conclue par un pecho exceptionnel, mais aussi une grande estocade qui roula le bicho sin puntilla. Forte pétition pour l’attribution d’un double trophée, mais le palco limita la récompense à une oreille.

Photos : Joël Buravand.
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