Mont de Marsan. 20 juillet (tarde). Et soudain une oreille pour Ginés Marin.

Arènes proches du plein, ciel nuageux et bas, deux heures cinq de spectacle.

Six toros de Nuñez del Cuvillo, plutôt bien présentés et bien armés, tous deux piques, toréables à la muleta et très faibles.

  • Enrique Ponce (rouge et or), au premier, trois-quarts de lame basse, silence ; au quatrième, une entière basse, avis, silence.
  • Alejandro Talavante (bleu marine et or) au deuxième, demi-lame, silence ; au cinquième, deux pinchazos, une demie, avis, salut et ovation.
  • Ginés Marin (vert et or) au troisième, une entière, silence ; au dernier, une entière, une oreille.

 

Il y a eu beaucoup d’espoirs déçus au cours de cette deuxième course de la feria de Mont-de-Marsan. D’abord des toros qui n’ont pas été à la hauteur. Ponce qui, malgré tous ses efforts, n’est pas parvenu à enflammer le public. Talavante qui rate la mise à mort qu’il fallait réussir. Mais Ginés Marin, que l’on n’attendait plus, offre une oreille à La Madeleine.

Ginès Marin, plus personne n’y croyait à l’issue d’une faena un peu morne et sans imagination…Ces derniers moments ont jailli comme d’un cornet à surprises avec ces dernières passes extraordinaires de Ginès Marin. Soudainement, sur une première manoletina, l’animal se réveille, attaque, se retourne en furie. Il y avait de quoi se jouer la vie, et au lieu d’abréger, en courageux, Ginés Marin a continué. A chaque nouvelle passe le public exultait, jusqu’à ce magistral coup d’épée qui en terminait en beauté avec la corrida. Une oreille qui est celle du courage et de la volonté.

Une oreille qui sauve en partie la tarde, car les toros de Nuñez del Cuvillo nous ont joué un bien sale tour ! Généralement ce sont d’excellents combattants, toujours très nobles, mais avec beaucoup de piquant et permettant des faenas très animées. Jamais ils ne nous avaient  habitué à un tel comportement… Faibles, sans gaz, ne témoignant jamais du moindre intérêt, tout au moins pour les quatre premiers. Le cinquième, tout de même, avait plus d’allure.

Hier pour la deuxième corrida de Mont-de-Marsan, le proverbe « il n’y a pas de mauvais cinquième » n’a pas menti. Un certain « Utrerito », pour ce qui est de l’aspect dans le type du lot, mais au comportement d’un vrai Nuñez, bouillant, attaquant, agressif et revenant sans cesse sur la muleta.

Alejandro Talavante a compris que sa chance se présentait. Il ne l’a pas laissé passer. Quelques passes de châtiment, histoire de bien régler l’animal, et puis ce fut une grande danse conduite essentiellement sur la main gauche. De temps à autre, pour un instant seulement, des changements de mains particulièrement réussis. Du beau travail qui réveillait l’arène trouvant enfin un toro sous ses yeux. Malheureusement Talavante échouait à l’épée et dut se contenter d’un salut… mais quelle ovation lui accorda le public !

Enrique Ponce, beaucoup étaient venus pour l’applaudir. Malheureusement le professeur, malgré une immense première faena, n’a pas réussi à sortir ses deux adversaires de cette morosité qui les caractérisait. Il aura pourtant tout essayé, mais comment faire croire à un toro s’il n’existe pas. C’était d’autant plus regrettable que le maestro ne s’est pas économisé et a tout tenté.

En fait il faudra bien vite oublier ce lot de Nuñez del Cuvillo.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Romain Tastet.
Vidéo : Alain Garres.